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salem center: LE MONDE PERDU (STEVEN SPIELBERG, 1997)

lundi 31 décembre 2007

LE MONDE PERDU (STEVEN SPIELBERG, 1997)


Quatre ans après le succès du premier Jurassic Park, Steven Spielberg poursuit l’aventure en se basant sur une idée aussi simple qu’efficace, l’existence d’une seconde île. Procédé scénaristique enfantin, non? En tout cas, cette subtilité permet aux spectateurs de se replonger dans l’ambiance féérique et bestiale du premier opus, et le metteur en scène use de ses dons pour nous convier à un solide spectacle.
L’élément principal du film est bien évidemment la présence de ces immenses dinosaures que les techniques d’effets spéciaux rendent totalement crédibles. Qu’il s’agisse des masses imposantes des tyrannosaures ou des facéties des plus minuscules, la frontière entre le rêve et la réalité est encore une fois absoute par Spielberg. Tel un enfant de 50 ans, il nous plonge encore une fois dans un monde qu’il aurait aimé arpenter, et qu’il nous fait découvrir grâce à la magie du cinéma. Spielberg est un solide conteur maniant son art avec une vision à la fois naïve et dure. Il est vrai qu’un film avec des dinosaures ne peut pas se passer de quelques détails sanglants, mais Spielberg possède surtout une vision d’enfant qui évite de basculer dans l’horreur pure. Tout comme Jurassic Park, Le Monde perdu est une aventure rythmée où un groupe d’humains va devoir échapper aux prédateurs ancestraux en utilisant toutes leurs ressources.




Dans la quasi-totalité des films de Steven Spielberg, les enfants tiennent un rôle déterminant. La fille du Dr Ian Malcolm fait office de garde-fou contre les dérapages sanguinolents, et pose son regard innocent et lucide sur toute cette aventure due à des adultes bien-pensants. Il s’agit toujours de garder à l’esprit la notion d’émerveillement sommeillant en chacun de nous, et qui a souvent tendance à disparaître avec l’âge. Mais cette extension de la part enfantine du réalisateur est toujours présente, et fait souvent ressortir les paradoxes de la sagesse adulte. Une thématique classique chez Spielberg, mais toujours utile.
En-dehors des dinosaures très réussis, il faut noter la présence d’un acteur exceptionnel, le génial Jeff Goldblum. Déjà présent dans le premier opus, sa prestation dans la peau du Dr Malcolm est un régal, conférant au personnage une dimension inédite dans ce genre de production. Le genre de héros qui ne veut pas en être un, mais surtout un père de famille au charisme et à la personnalité étonnants. Il se démarque notamment du personnage principal de Jurassic Park, le Dr Alan Grant (Sam Neill). Ce dernier était un homme qui refusait l’idée de paternité tout en possédant les qualités requises, et le Dr Malcolm est un homme qui accepte sa paternité tout en préservant son indépendance. C’est un électron libre qui ne répond pas à la vision classique de la famille (américaine), laquelle sera par ailleurs malmenée lors de la scène où le T-rex ira boire dans la piscine d’une jolie petite maison de banlieue. Un autre acteur remarquable fait partie de l’aventure, il s’agit de Vince Vaughn, alors encore inconnu. Sa prestation efficace dans le rôle de ce reporter malin sera un sacré tremplin pour lui, même s’il n’est pas encore reconnu à sa juste valeur.


L’avantage du Monde perdu est qu’il n’a plus besoin de poser les bases du concept et d’étirer son exposition. L’île aux dinosaures est connue des spectateurs et le réalisateur peut commencer plus rapidement à entrer dans le vif du sujet. Il enchaîne donc les séquences d’action avec efficacité et maintient tout au long du film un rythme soutenu, avec un morceau de bravoure voyant une Julianne Moore le regard plongé dans le vide s’ouvrant sous elle, alors qu’elle se trouve à bord d’un camion menaçant de tomber d’une falaise. Et la vitre sur laquelle elle est couchée commence doucement à se fissurer lorsqu’elle tente de bouger... Une vision incroyable et une mise en scène ultra-efficace pour un moment très angoissant!
Le final en pleine ville vaut lui aussi le détour, et laisse entrevoir ce qu’aurait pu être Godzilla si Spielberg en avait eu les rênes. Dommage… En tout cas, les deux premiers volets de Jurassic Park combinent efficacement effets spéciaux et dimension humaine, ce qui nous vaut deux spectacles de qualité…


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Juste pour te taquiner, ta phrase "mais Spielberg possède surtout une vision d’enfant qui évite de basculer dans l’horreur pure" mérite réflexion. L'horreur pure se trouve dans le crâne des enfants. Qu'on se le dise. Sinon, chouette article.

Anonyme a dit…

Ah ces sales gosses...