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salem center: Brian Michael Bendis
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dimanche 31 août 2008

ALIAS 1: LE PIEGE (BRIAN MICHAEL BENDIS, MICHAEL GAYDOS, 2001)


Motivé par les critiques de Matt Murdock (je ne sais pas comment mettre les liens, mais allez tout en bas de cette page pour avoir le lien sur son site, ça vaut le coup d'oeil) , je me suis lancé dans la série Alias publiée chez Marvel à partir de novembre 2001. Rien à voir avec Jennifer Garner, cette Alias étant une boîte d’investigations. La seule salariée d’Alias s’appelle Jessica Jones, et est une ancienne super-héroïne ayant décrochée (oh, un jeu de mot subtil!) pour se lancer dans une carrière de détective privé.
Brian Michael Bendis aime le polar, c’est connu. Et il inaugure la collection Max avec ce récit aux tonalités sombres et aux machinations tordues, où la pauvre Jessica se lance dans une affaire extrêmement louche. Le récit réserve des zones d’ombre et des surprises écrites avec beaucoup de soin par un auteur talentueux. On est immergé dès le début dans cette histoire que Bendis traite avec beaucoup de sérieux, mais aussi avec une certaine dose d’autodérision. Le regard qu’il porte sur l’univers Marvel est celui d’un véritable connaisseur bénéficiant d’un redoutable sens critique, ce qui donne à son œuvre une dimension particulière. Un petit exemple de dialogue entre un flic et Jessica lors d‘un interrogatoire: « Dites, les Fantastiques… Vous les avez déjà rencontrés? Je les adore. -Non. -Non? -J’ai croisé le grand type orange. -La Chose. -Oui. -Il est béton. Sans jeu de mots. -Oui. Bon, si on… -Il est comment? -Grand et orange. Je peux retourner vivre ma vie? »



L’autre atout considérable de cette série est le dessin de Michael Gaydos, qui évoque beaucoup le style épuré de John Paul Leon, notamment sur Les nouvelles Aventures de Cyclope et Phénix. Gaydos choisit des tonalités très ternes en faisant varier les bleus et les rouge, captant immédiatement l’atmosphère que Bendis souhaite imprimer à la série. La vie nocturne, la fumée des cigarettes, les bars déserts… On est dans un véritable polar, qui bénéficie d’une mise en scène remarquable. Gaydos modifie constamment sa mise en pages, passant du simple champ-contrechamp au découpage d’image (Jessica sur les escaliers, l’image coupée en 4 cases, symbolique de la dégradation de son moral), où utilisant le procédé très cinématographique du zoom avant. De prime abord, l’austérité des dessins peut rebuter, mais leur richesse visuelle se dévoile très rapidement, et en fait un élément essentiel de la série, qui perdrait beaucoup de poids si elle était racontée de manière plus classique.



Bendis fait en plus appel aux connaissances des lecteurs, en remettant au goût du jour le personnage de Man Mountain Marko, le colosse apparu pour la première fois dans Amazing Spider-Man 73 de juin 1969, et qui est un vilain de seconde zone que ça fait bien plaisir de revoir! Luke Cage et Matt Murdock (pas celui du blog, l'autre...) passent également faire un tour…
Alias est l’une des séries les plus captivantes du moment chez Marvel, et si vous appréciez les bons polars, plongez-y!

mercredi 13 février 2008

SECRET WAR ( BRIAN MICHAEL BENDIS, GABRIELE DEL'OTTO, 2004)


Initialement parue dans les Marvel Méga 19, 21 et 25 (2005-2006 donc), la mini Secret War se voit propulsée dans la collection Deluxe qui comme son nom l’indique n’a rien de comestible. Le Deluxe, c’est un passage en édition classieuse avec couverture cartonnée en dur, et un format plus grand que la normale destiné à mettre en valeur les dessins. Et ici, au lieu de dessins, c’est véritablement de peintures qu’il s’agit, avec les oeuvres de Gabriele Del’Otto, artiste italien devenu culte aussi rapidement que l’on cuit des Barilla (en gros, 3 minutes dans l’eau bouillante).
Ouvrez ce recueil à n’importe quelle page, vous serez immédiatement bluffés par le réalisme du trait et la texture des images. Del’Otto possède un rendu rarement égalé dans le genre, et l'une des œuvres approchantes que l’on pourrait citer est le fameux Marvels de 1994 peint par Alex Ross. Une finition tenant de la maniaquerie et un esthétisme global réellement magnifique, Secret War est un laboratoire expérimental visuel, et y plonger équivaut à se laisser glisser dans un univers connu et pourtant réinventé. C’est ça la classe Del’Otto.
A ce pinceau réaliste s’ajoute un scénario original dans son approche, puisque cette histoire de super-héros est entièrement traitée comme un récit d’espionnage classique. Un parti-pris étonnant qui tend à minimiser l’impact des actions, mais qui complexifie une intrigue basée sur une menace de niveau national. On se demanderait presque comment intégrer des surhommes à tout ça, et pourtant, ça fonctionne de manière relativement fluide. C’est Brian Michael Bendis qui écrit (Jinx, Torso, Goldfish), et il le fait avec la précision d’un journaliste et l’ambition d’un écrivain.



L’apparente réalité de certains faits relatés est sujette à caution, mais reste tout de même troublante. Ce récit serait né des rencontres entre Bendis et un ancien haut responsable de l’espionnage américain, et offrirait des moments de pure vérité aussi incroyables que dangereux. Mythe? Le doute subsiste… Une chose est sûre, l’aspect documentaire est foisonnant, et se répercute de diverses manières. Tout d’abord dans le récit lui-même faisant ouvertement référence au conflit afghan, à Bob Woodward ou à la bande de Gaza, ce qui en densifie considérablement la portée politique. Mais également à travers les fameux dossiers de Nick Fury entrecoupant les 5 chapitres de cette histoire. Compte-rendu d’interrogatoire, fiches détaillées de personnages, journal personnel… Autant de matériel distinct et varié destiné à accréditer le propos paranoïaque du récit, et très utile afin de donner plus de poids à la dimension tragique de cette guerre secrète. Si en plus vous ajoutez des croquis de préparation, des esquisses de personnages et des maquettes de couvertures, vous vous rendrez bien compte de la tâche éditoriale plutôt fournie que nous a concocté Panini sur ce coup-là. Je ne suis pas un adepte de leurs collections luxueuses, mais les rumeurs persistantes font état d’un beau coup d’éclat qui ne leur est malheureusement pas coutumier. En tout cas, le résultat ici est vraiment beau.



Certains aspects de ce récit complexe peuvent être nébuleux, mais dans l’ensemble il est plutôt bien servi par un Bendis motivé et un Del’Otto très inspiré. L’équipe composée de Spider-Man, Wolverine, Captain America, la Veuve noire, Daredevil, Luke Cage et une jeune inconnue se laisse vivre avec intérêt. Même si la beauté picturale prend parfois le pas sur le rythme du scénario, Secret War constitue une œuvre ambitieuse et intéressante. Alors si vous n’êtes pas contre une entorse aux histoires classiques où fun rime avec pyjama moule-burnes, cette création devrait satisfaire votre esprit de nouveauté et votre œil. Et en plus, j’ai rien dévoilé de l’histoire, le suspense est entier. Elle est pas belle la vie?

mercredi 19 décembre 2007

MARVEL HEROES: L’INITIATIVE (2007)


Magazine démarré en novembre 2007


Après l’événement Civil War qui a éclaté la communauté super-héroïque, la loi pour le recensement des héros est finalement établie. L’opposition a pris le coup de grâce avec la mort de Captain America, tué sur les marches du tribunal où il se rendait afin d’être jugé. L’atmosphère dans laquelle se retrouve le pays est lourde, et les problèmes d’application de la loi sont nombreux…
Marvel Heroes propose de suivre deux séries régulières et deux mini. Les puissants Vengeurs met en avant une équipe composée par Tony Stark qui veut conserver le terme de Vengeurs, mais qui n’a plus rien à voir avec ses prédécesseurs. L’équipe en place avant la guerre civile s’est disloquée, et Iron Man décide donc de regrouper Miss Marvel, la Guêpe, Wonder Man, Sentry, la Veuve noire et Arès afin de protéger les habitants de l’état de New-York. La première menace à laquelle ils doivent faire face est une nouvelle version de leur vieil ennemi, le robot Ultron.
Mais artistiquement, on se retrouve devant la série la plus faible du magazine, avec un script de Brian Michael Bendis plutôt limité. La première faiblesse repose sur sa volonté de remettre à jour les bulles-pensées, procédé qui avait disparu depuis la seconde moitié des années 80. Il souhaite ainsi mettre en avant ce que les héros pensent réellement lorsqu’ils disent quelque chose. La conséquence est une surcharge sur la page, et surtout le contenu de ses bulles est totalement insignifiant. Le fait de savoir qu’Iron Man craque pour la Veuve noire est présenté de manière ridicule, et le reste de ce procédé est à l’avenant. En fait, il annihile simplement le rythme du récit en décentrant l’action. Par ailleurs, l’éclatement du récit qui passe du présent au passé par de nombreux flash-back aléatoires achève d’ôter la moindre tension qui pouvait émerger. Et les dessins poseurs de Frank Cho accompagnent le scénario en multipliant les poses pin-up qui ne font avancer pas le sujet. Le deuxième épisode se déroule en fait sur quelques minutes, et à part des flashbacks il ne se passe rien. Vraiment étrange…
Les Vengeurs: l’Initiative pose des questionnements plus intéressants sur la société post-Civil War, en adoptant le point de vue de jeunes recrues appelées à renforcer les rangs des héros. Une vision militaire du programme Initiative présentant des bleusailles aux personnalités variées, et des instructeurs majoritairement bornés. Le premier épisode est plutôt surprenant avec la mort d’un élève sur le terrain, et la volonté des responsables d’étouffer l’affaire. Une vision très critique de l’ordre en place proposée par Dan Slott, qui nous permet de découvrir la nouvelle génération de héros avec 7ème Ciel, Hardball, Komodo, Trauma, M.V.P. et Arsenal. Une intrigue rafraîchissante dans un climat très tendu, qui n’oublie pas de faire ressortir les problèmes fondamentaux entourant cette école militaire: la culpabilité de 7ème Ciel face à la mort d'un de ses camarades, les travaux menés conjointement par Pourpoint jaune et un ancien Nazi, les divergences entre les instructeurs… Des thèmes demandant un traitement évolutif, et les premiers épisodes démarrent efficacement.



Après la mort d’Alpha Flight, une nouvelle équipe canadienne est sur le point de voir le jour. Omega Flight voit une genèse difficile, avec le seul rescapé de la première équipe aux prises avec des Démolisseurs déchaînés. Le coup de crayon de Scott Kolins donne un rendu âpre compensant la légèreté du scénario, qui aurait gagné à être plus incisif. Mais cette mini-série a la bonne idée de traiter du problème des super-vilains qui envahissent le Canada suite à la loi de recensement aux Etats-Unis. Une variation surprenante sur le thème de la délocalisation, qui reste crédible et qui appelle à des développements futurs.



Enfin, la mini sur les Illuminati est constituée de 6 récits centrés à chaque fois sur un événement majeur de l’univers Marvel, événement dont l’importance est telle qu’elle voit se réunir une équipe secrète composée spécialement en cas de crise majeure. On suit donc les aventures de ce groupe composé de Mr Fantastic, Flèche noire, Namor, Dr Strange, Iron Man et le Professeur Xavier. Le premier épisode se concentre sur la position de ces super-humains dans la guerre Kree-Skrull, et le deuxième les voit gérer le puissant Gant de l’Infini. Une action constante doublée d’une tension évidente, cette mini signée Brian Michael Bendis et Brian Reed au scénario est servie par Jim Cheung au dessin, et constitue le meilleur de ce magazine. En remontant les époques afin de nous familiariser avec ce groupe dont l’existence n’a été révélée que récemment, c’est à une succession d’événement planétaires que le lecteur est convié, et la qualité nostalgique du contenu donne une profondeur supérieure à cette série.




Un magazine plutôt moyen donc, mais qui réserve quelques idées surprenantes. A voir sur la durée...