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lundi 26 mai 2008

LABEL DANSE 2008

Samedi 24 et dimanche 25 mai 2008


Cette manifestation annuelle ne doit pas être prise à la légère à cause de son côté excentré des grandes villes, car elle est un moment important sur la scène culturelle alsacienne. Basée à l’espace Léo Lagrange à Wittenheim depuis 2 ans, et forte d’une expérience de 15 ans ayant permis d’aboutir à sa forme actuelle, elle propose un programme éclectique qui progresse dans un enchaînement fluide. Le spectacle est à la hauteur des ambitions et des moyens mis en œuvre, et les 2h30 de danse sont tout ce qu’il y a de plus captivant!

Avec 30 groupes qui se sont succédés, et environ 350 danseurs sur scène, cette édition est l’aboutissement d’une année de travail intensif qui se concrétise en mêlant l’énergie et la grâce. Le leitmotiv du spectacle est basé sur James Bond, en suivant une espionne chargée de recruter aux quatre coins du globe les meilleurs danseurs. La musique intemporelle de Monty Norman capte immédiatement l’attention, et est prometteuse de moments bien énergiques!
Le show débute par des petits bouts accros à la danse orientale, et c’est toujours un bonheur de les voir évoluer avec un mélange de concentration et de bonne humeur affichée! Les chorégraphies de Ghizlaine Elbayad sont vives et rythmées, et les enfants ont assuré sur des morceaux de Rihanna, Mika ou encore Pussycat Dolls. Des enfants très présents à travers tout le spectacle, puisque pas moins de 10 tableaux (sur 30) les voient envahir la scène! Jazz, danse moderne, flamenco… Un régal! Pour la petite anecdote, une petite fille ressemblant furieusement à Abigail Breslin (Little Miss Sunshine, ça vous parle?) ne pouvait qu’apporter encore plus de crédit à ce spectacle!
Les ados se partagent 8 séquences et créent des chorégraphies plus complexes signées Frédéric Cano, Francine Koehl et toujours Ghizlaine Elbayad, pour un résultat détonnant et vif ( sur Gimme More de Britney Spears, Slow down Baby de Cristina Aguilera…). Certaines font preuve d’une expérience de plusieurs années déjà, et la qualité des chorégraphies s’en ressent. Je dis certaines parce que les gars sont très rares, mais ils ne vont pas tarder à se manifester… Je m’attendais en fait à un petit spectacle sympathique, et je me suis retrouvé devant un travail de très haute qualité qui m’a bluffé à plusieurs reprises!
Les adultes ont composé 13 tableaux qui allaient de l’afro à la valse, en passant par la danse grecque ou le flamenco. Une pluralité culturelle bienvenue qui colle complètement à l’aspect tour du monde de notre espionne de choc! Les rythmes changent, les costumes se diversifient, mais l’ambiance est toujours dynamique… L’esprit latino d’Isabelle Juanes, la rock attitude de Christiane et Robert Kaszewski, le profil grec de Georgia Pequignot, ou l’ambiance jazzy de Fabienne Siedlaczek, le mélange est très agréable et offre une vue d’ensemble des tendances actuelles dans le milieu de la danse.
J’ai gardé le meilleur pour la fin, car j’ai un faible pour le hip-hop, et bien qu’il ne bénéficiait que de 2 tableaux, c’était suffisant pour déchaîner la foule! Les enfants et les ados se sont emparés de l’espace pour des figures acrobatiques délirantes et des chorégraphies géniales! Guillaume Frantz et Karim Bouziane (qui ont quand même participé aux championnats du monde l‘an passé avec le crew suisse Ruff‘N‘X…) chapeautent l'équipe de la MJC de Bollwiller pour un résultat totalement électrisant qui renoue avec l’aspect sauvage et fondamental de la danse! Une bonne grosse claque que nous ont mis ces jeunes bourrés de talent et d’énergie!
Le public très nombreux (pour la première fois de son histoire, Label Danse était à guichet fermé ce samedi soir avec 500 personnes!) a activement participé en encourageant tous les danseurs tout au long de la soirée, avec des cris d’hystérie de certains parents qui ont achevé de faire de cette soirée un très grand moment convivial, et une vitrine vraiment réussie de la scène alsacienne!




P.S: bravo à Ludo et Daphné!

lundi 18 février 2008

DIRTY DANCING (EMILE ARDOLINO, 1987)


La St Valentin laisse des traces, et bouscule quelque peu les habitudes. C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de revoir Dirty Dancing, film culte pour toutes les jeunes filles de l’époque qui craquaient forcément pour le beau Patrick Swayze
Les années 60, l’été bat son plein, Bébé et sa famille arrivent dans un village de vacances luxueux afin d’y passer une semaine au soleil. Tout commence très pépère avec des activités standard, cours de danse multi-âge où les ados côtoient le 3ème âge. Tout cela est bien inoffensif pour la jeune et naïve Bébé, mais l’apparition du playboy Johnny va tout bouleverser…
Manager de l’équipe d’animation de l’hôtel, Johnny est un excellent danseur toujours prêt à éblouir les foules avec sa partenaire Penny (Cynthia Rhodes, spécialiste des films de danse: Flashdance, Staying alive…). Mais lorsque cette dernière ne peut plus assurer les représentations, Bébé et sa démarche gauche vont entrer en scène. Elle relève tout simplement le défi de réussir à remplacer Penny pour une audition, et elle va se mettre à travailler dur pour y arriver. Tout ça en secret de ses parents évidemment, ce qui ne va pas être une mince affaire…



Tout le monde connaît ces images de Patrick Swayze et de sa partenaire, ainsi que la bande originale ultra classique (Swayze y a même poussé la chansonnette pour un She’s like the Wind romantique à souhait), et 20 ans après sa sortie, il faut reconnaître que le film a plutôt bien vieilli. Cette histoire d’adolescente qui découvre sa personnalité est universelle, et fonctionne grâce à un casting juste et motivé. Jennifer Grey est particulièrement étonnante dans ce rôle, et son jeu empreint de naturel et de timidité fait de son personnage une jeune fille attachante et drôle. A la plastique du beau gosse, elle oppose donc une personnalité plus profonde. Mais les apparences sur le beau Johnny vont éclater à son contact, et l’amour va se mêler de tout ça…
Techniquement, le film d’Ardolino déroule un récit concis basé sur le fameux défi de Bébé, mais la multiplication des personnages permet d’englober le tout dans une atmosphère 60’s recréée avec grand soin. Que ce soit pour les voitures, les vêtements, chaque détail nous plonge dans cette époque qui voulait se démarquer de son passé en se réinventant, comme c’est le cas de cette dirty dancing. Sensuelle et instinctive, cette danse ressemble à une parade amoureuse en y mêlant de la rudesse et de l’improvisation, laissant les corps se découvrir l’un l’autre dans une étreinte inédite. Le propos est à la fois amusant et sincère, et ces dizaines de jeunes qui s’adonnent à cette pratique donnent une véritable impression de liberté à travers leurs mouvements et leur attitude. Les séquences d’entraînement sont particulièrement belles, avec le porté dans l’eau, où les tests d’équilibre su le tronc d’arbre. Il y a un aspect résolument naturel dans cette approche de la danse, qui convoque à la fois une volonté de modernité et une sagesse plus ancienne, avec l’ajout d’un aspect charnel sans équivoque.



C’est justement l’apprentissage de sa propre sensualité que va faire Bébé, et c’est à son passage de l’adolescence à l’âge adulte que l’on va assister. Sa métamorphose va s’opérer par petites touches, mais va voir peu à peu les hésitations de la gamine céder leur place à l’assurance d’une jeune femme. Une transformation irrémédiable qui s’accompagnera forcément de déceptions (les mensonges à son père), mais qui la verra s’affirmer inexorablement. Jennifer Grey est excellente dans ce rôle, et vole la vedette à un Patrick Swayze qui sera véritablement lancé par ce film. Bizarrement, Grey ne verra pas sa popularité augmenter, et fera encore une poignée de films sans devenir une star. La faute à un physique finalement banal? Dommage en tout cas, car elle crève l’écran dans ce film.