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vendredi 19 septembre 2008

TREMORS 2 (S. S. WILSON, 1996)



Saviez-vous qu’il y avait eu une suite à Tremors? Les Graboïds sont de retour dans cette séquelle qui déplace l’action au Mexique, où les employés d’une compagnie pétrolière se retrouvent dans la même situation délicate que les habitants de la petite ville de Perfection il y a quelques années…
Qui dit suite dit retour du casting, même si Kevin Bacon fait faux bond à l’équipe. C’est Fred Ward qui assure donc le premier rôle après avoir partagé l’affiche de Tremors avec le jeunot. Sa gueule burinée et son physique de baroudeur associés à une sensibilité inattendue font du personnage d’Earl Bassett un gars de la campagne rude et attachant. Là où Tremors fonctionnait sur l’alchimie du duo Bacon- Ward, il fallait toute la subtilité de l’acteur pour tenir le film sur ses seules épaules.


Mais derrière ce personnage de premier plan se faufile un autre habitué des Graboïds, Burt Gummer. Le fana d’armes du premier opus interprété par l’excellent Michael Gross rempile lui aussi pour les besoins de Tremors 2, et le spectateur se retrouve finalement en terrain connu. Michael Gross apporte son côté frondeur et allumé qui fait du personnage de Burt l’un des plus intéressants de la série. Un homme sans peur apte à manipuler toute les armes de la création, et qui prend un pied monstre à jouer à la guerre!
Un jeune blanc-bec tente de faire oublier Kevin Bacon en faisant équipe avec Earl, mais Christophe Gartin ne parvient pas à retrouver l’excellent tempo qui rythmait les aventures des deux partenaires de Tremors. Son rôle est assez peu développé et n’est pas très essentiel. Par contre, le personnage de la scientifique interprétée par Helen Shaver possède plus de consistance et apporte une touche de romance entre deux attaques de vers des sables, ce qui n’est pas déplaisant car plutôt bien joué. Earl Bassett qui perd ses moyens devant une jolie femme, ça le fait…


Mais bien sûr, pas de Tremors 2 sans créatures visqueuses, et le film de S. S. Wilson tient ses promesses, optant même pour une évolution radicale menée avec intelligence, et obligeant nos héros à s’adapter à un ennemi qu’il pensait connaître. On se rapproche soudainement d’un Carnosaur, ce qui n’est pas déplaisant, Tom Woodruff Jr. assurant des effet spéciaux réalistes.

L’histoire ne possède plus l’originalité du premier (ni la caractérisation toute texane effectuée par Ron Underwood), mais constitue une séquelle honnête et divertissante réalisée par une équipe rompue au film de genre. L’intérêt ne faiblit pas, et la cohésion entre un casting sympathique et une histoire travaillée font de ce Tremors 2 un travail d’artisan réussi, de ceux qui peuplaient les vidéoclubs il y a belle lurette, et qui fonctionnent encore aujourd’hui.



mercredi 17 septembre 2008

TREMORS (RON UNDERWOOD, 1990)



Petit film qui a fait son effet au début des années 90, Tremors est un classique du film de monstre qui n’a pas pris une ride. Dans la minuscule bourgade de Perfection perdue au milieu de nulle part, Val et Earl vont être confrontés à une mystérieuse menace surgissant de la terre. Les morts violentes se multiplient, et les deux potes vont tenter de venir en aide à la population afin de survivre à l’invasion…
La réalisation de Ron Underwood rappelle le classicisme à la Spielberg, avec ses mouvements de caméra amples soulignant parfaitement l’action. Underwood s’amuse visiblement beaucoup en élaborant ses séquences, et les effets qu’il met en place sont la marque de fabrique d’un artisan rodé au genre. Par exemple, lorsque Earl et Val parlent de la solution du bulldozer, on le voit en gros plan, puis la caméra effectue un zoom arrière qui mesure l’énorme distance les séparant de l’engin. L'excitation des deux amis décline en même temps que le zoom, ce qui constitue une note d’humour plutôt bien amenée. Et des plans de ce genre, Tremors en recèle plus d’un, le réalisateur sachant assurer ses effets avec beaucoup de technique.


Il rappelle aussi constamment dans quel environnement perdu se débattent les protagonistes, jouant toujours sur l’idée de liberté si chère à Val et qui risque probablement de leur coûter la vie. Perfection est niché entre deux montagnes dans une zone aride, et les visions de cette nature sauvage sont belles, et dégagent en même temps une vague crainte. Underwood réussit parfaitement le compromis entre l’impression de tranquillité et celle de la menace sourde.
Les acteurs sont excellents, Kevin Bacon et Fred Ward en tête, mais le reste de la population ne dénote pas dans ce casting, avec une mention particulière pour Burt Gummer, le fana d’armes à feu interprété par Michael Gross. La plaque d’immatriculation de son 4X4 résume bien ses prises de position: UZI 4U. La classe à la Charlton Heston…
Les effets visuels sont étonnants de vérité, proposant des monstres franchement dégueulasses et d’autant plus réussis. Gluants et voraces à souhaits, ils font partie d’un chaînon manquant répugnant, et vont poser bien des problèmes à la paisible communauté! Le rythme du film est élevé, et les scènes d’action se suivent sans oublier de jouer la carte psychologique, ce qui est un plus non négligeable.


Tremors est une aventure prenante qui est en fait un démarquage terrestre des Dents de la Mer, et le suspense fonctionne tout aussi bien, avec des pointes d’humour en plus! La caractérisation des personnages est essentielle dans le développement de ce dernier point, et donne lieu à des dialogues plutôt drôles et une ambiance générale très fun, même si la tension est palpable. Le genre de film typique qui fleurissait dans les 80’s, capable de jouer sur plusieurs tableaux sans se prendre les pieds dedans, et qui assume le spectacle sans le faire au détriment du réalisme. Tremors est véritablement un point de repère dans la série B de l’époque, et il se maintient encore au-dessus de nombreuses productions actuelles grâce à sa sincérité attachante et le travail des artisans des SFX de l’époque. Si vous ne connaissez pas les bébêtes, foncez!