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salem center: Vinnie Jones
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dimanche 10 août 2008

PIEGE EN EAUX PROFONDES (ANTHONY HICKOX, 2005)


Anthony Hickox a connu son heure de gloire à la fin des années 80 et au début des années 90, avec des œuvres comme la série des Waxwork ou un épisode d’Hellraiser. Malheureusement cette époque est révolue, et il en est réduit à tourner des actioner mous du gland avec un Steven Seagal plus très porté sur le coup de tatane.
Les choses commençaient plutôt bien, et Hickox se la jouait même Tony Scott avec des décadrages et une lumière plutôt stylisée. Le genre de truc qu’on voit très rarement dans une production de ce genre, ce qui était de bon augure. Mais la suite du film va vite faire déchanter, et la mission dont je ne me rappelle même pas le but va voir une équipe de repris de justice se battre contre… Ben j’ai carrément oublié en fait, et je crois que c’est ce qui se passe aussi dans le film, où des soldats sont victimes de manipulations du cervelet. Bon, on a regardé ce film juste après Delta Force 2, la comparaison n’est pas facile pour Seagal; mais franchement, ce film est une bonne grosse daube comme on en faisait à la pelle dans les années 80, le charme en moins. Ca fait toujours plaisir de voir qu’il y a des artisans respectueux du travail de leurs aînés, et prêts à perpétuer des traditions ancestrales.


Bref, Piège en Eaux profondes (les traducteurs se sont pas foulés, le truc sort en DTV, on va lui donner un nom qui rappellera l’heure de gloire de Seagal: Piège à grande Vitesse, et le tour est joué. Et en plus, les fans de Bruce Willis tomberont peut-être dans le panneau: Piège en Eaux troubles. Bravo les mecs!) est franchement difficile à regarder, et le fun mensonger du début est très vite rattrapé par une chape de plomb bien pesante.
Surprise, Vinnie Jones est de la partie! L’excellent acteur british vient faire le mariole dans le rôle d’un soldat pur et dur à qui on la raconte pas, et même lui ne parvient pas à sortir le film de l’ennui. Sinon il y a bien un gars qui s’appelle Steven Seagal qui joue dedans, mais son charisme n’est pas ce qui se fait de mieux… Un détail sympa pour ceux qui oseraient tout de même affronter la vision de ce film: observez bien l’éclairage des plans sur Seagal, vous allez voir qu’il a sa lumière à lui, et que même s’il discute avec un gars qui est en lumière neutre, il bénéficiera lui d’une lumière plus tamisée. Un choix artistique destiné à renforcer l’aura du combattant? Non, juste une obligation pour cacher le double menton de Steven! C’est super marrant, et on dirait vraiment Marlon Brando dans Apocalypse now.



Mais où sont donc passés Nico, Désigné pour mourir et autre Justice sauvage? Steven Seagal n’a plus la pêche d’antan, et c’est bien dommage! Encore un film passoire, le genre de truc dont on se rappelle pas deux minutes après l’avoir vu. J’ai vraiment l’impression d’avoir été zappé par les Men in Black

mardi 8 avril 2008

SNATCH (GUY RITCHIE, 2000)



Pensant qu'il était un réalisateur qui se contentait de pomper la cool attitude d’un Tarantino faisant encore figure de référence à l’époque, j’ai soigneusement évité les films de Guy Ritchie. Mais après une tentative avortée de double programme Uwe Boll (c’est tout simplement physiquement impossible de tenir à la vue de Bloodrayne et de In the Name of the King- a Dungeon Siege Tale), la soirée Chez Fred s’est transformée en double programme Black Sheep-Snatch. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais du premier, c'est maintenant l’heure du verdict pour le second, que j’ai entamé sans trop de convictions au vu de mes a-priori.
Snatch fait partie de ce genre de films cool peuplés d’une multitude de personnages barrés, dont le scénario tordu crée des interactions nombreuses et à la limite du compréhensible, mais le tout dans une ambiance funky censée justifier ce joyeux bordel ambiant. Et ça marche, à ma grande surprise! Même s’il n’atteint pas le niveau d’un Mi$e à Prix qui allait encore plus loin dans l’écriture de ces personnages, ou d’un Pulp Fiction jouant sur des différences d’ambiance avec une maîtrise très assumée, ce Snatch est une réussite dans le genre déjanté et agressif, offrant une galerie de personnages hauts en couleur et bénéficiant d'un casting à faire pâlir tous les réalisateurs du monde. Jugez un peu: Jason Statham, Brad Pitt, Vinnie Jones, Benicio Del Toro, Dennis Farina… Du lourd et de la gueule, donnant une crédibilité totale au film, qui peut dérouler son scénario ultra-travaillé signé Guy Ritchie lui-même.



Snatch commence comme une sorte de Pulp Fiction meets Ocean’s eleven, avec ses personnages hors normes et sa réalisation bien fun, mais force est de constater que Guy Ritchie est bien plus qu’un imitateur, et que sa bande de gus bénéficie d’un véritable talent de mise en scène. La présentation des personnages se la joue 70’s avec une vraie connaissance du genre (la BO est à ce titre excellente), et les variations de réalisation qui vont s’ensuivre seront à chaque fois justifiés par les scènes déroulées et les personnages qui y participent. C’est simple, Snatch est un mælström visuel de haute tenue, et la montée en puissance du film a vu mes a-priori diminuer peu à peu.



Les personnages sont écrits avec un soin tout particulier qui souligne un véritable amour pour les figures de loosers pathétiques. Jason Statham incarne un caïd sans envergure qui va passer le film à essayer de se sortir d’une situation de merde, tout en y plongeant à chaque fois de plus en plus profond, pour le plus grand bonheur des spectateurs évidemment. Brad Pitt campe un gitan au langage totalement incompréhensible (aurait-il subi l’influence des Cht'is de Danny Boon?) mais boxeur redoutable, l’excellent Vinnie Jones se la joue tueur à gages imperturbable, Benicio Del Toro se lâche dans un rôle de petite frappe accro au jeu… Bref, chacun semble prendre un malin plaisir à jouer dans cette bande classe et branque, dans le bon sens du terme.
Les scènes d’anthologie se suivent et ne se ressemblent pas, mais elles ne font qu’aller plus loin dans le bordel délirant: le combat de boxe chez les gitans, l’attaque du booking, la scène délirante suivant les 3 voitures… Et les dialogues évidemment qui ne se privent pas d’être bien crus et classes, avec des phrases que l’on pourrait comparer à du Audiard déjanté.
Snatch est un gros bordel que Guy Ritchie assume avec une rigueur hallucinante, au vu de la complexité du scénario et de la multiplication des personnages. Le genre de film qui a bien digéré ses références, et qui s’applique consciencieusement à surprendre le spectateur par des séquences complètement barrées. Une très grande réussite dans le genre, qui me donne bien envie de voir Arnaques, Crimes et Botanique, le premier film du sieur Ritchie…