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salem center: Stieg Larsson
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mercredi 18 juin 2008

LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR-MILLENIUM 3 (STIEG LARSSON, 2007)


Les événements de ce troisième tome sont inextricablement liés au second, et vu comment se terminait le bouquin précédent, la suite était plus que bienvenue! Cela n’avait rien d’une happy end, et il est temps de savoir ce qui s’est passé ensuite…
L’histoire démarre donc directement sur la suite, ce qui fait que je ne peux pas raconter grand-chose sur ce bouquin finalement! Mais l’orientation vers le récit d’espionnage est très nette, et l’affaire Zalachenko déterrée dans La Fille qui rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette va être passée au crible par Millénium, mais va aussi faire intervenir Milton Security. Mikael Blomkvist est toujours de la partie, et l’on retrouve avec plaisir les figures habituelles gravitant autour du fameux journal suédois: Erika Berger, Dragan Armanskij, Henry Cortez, Holger Palmgren… Mais des petits nouveaux viennent compléter la distribution, comme la flic de choc Rosa Figuerola… Et pour ce qui est de Lisbeth? Mystère…
Stieg Larsson poursuit efficacement les aventures de ses protagonistes, même si la lecture de cet ultime volume est moins linéaire. En effet, l’auteur fournit un véritable travail de documentation pour alimenter la thèse du complot entourant l’affaire Zalachenko, et qui touchait directement Lisbeth dans le deuxième bouquin. La Säpo, la police secrète suédoise, est directement impliquée dans ce qui risque d’être un scandale sans précédent. Mais il s’agit surtout d’une nébuleuse interne à cet organisme qui est responsable de la destruction de la vie d’une fillette de 13 ans…


C’est donc à un ennemi indéfinissable que s’attaque Blomkvist et l’équipe de Millénium, et les dangers qui les guettent sont nombreux. Surveillance, intimidations, agressions… C’est sur un registre très policier que se déroule ce volume, qui traite d’enquêtes de contre-espionnage réalistes et tendues. Et parallèlement à cette affaire, Erika Berger risque de quitter son poste à la tête du journal… Les éléments dramatiques mis en place sont nombreux, et même si ce livre est plus difficile à lire de par son côté moins direct, il réserve des moments palpitants qui interviennent régulièrement, et il constitue une suite directe prenante aux aventures de cette poignée d’hommes et de femmes se battant pour la vérité. La fin du bouquin est très palpitante, et le procès qui a lieu sera un éclat bienvenu!
Mais en arrivant à la fin de ce dernier tome subsiste le regret de la disparition prématurée de Stieg Larsson, qui voyait en ses 3 bouquins le début d’une longue série. Les qualités d’écriture et le style très personnel qui les composent laissent en effet entrevoir de nombreuses possibilités qui resteront inexploitées. Mais l’auteur aura réussi à nous transmettre une infime partie de ces passionnantes histoires qui occupaient son cerveau, et cette fraction est déjà beaucoup!

lundi 21 avril 2008

LA FILLE QUI REVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE- MILLENIUM 2 (STIEG LARSSON, 2006)



La filiation avec La petite Fille aux Allumettes est bien cynique, et l’introduction du roman va tout de suite éradiquer toute possibilité d’innocence. Le récit s’annonce d’emblée très dur, et le premier choc n’est évidemment que le début.
C’est avec un grand plaisir que l’on retrouve les protagonistes du premier tome, et l’auteur suédois Stieg Larsson prolonge l’existence de ses personnages avec beaucoup d’originalité et de subtilité. Nous avions laissé Mickael Blomkvist et Lisbeth Salander sains et saufs après l’énigme d’Hedestadt, mais la surprise provient comme toujours de Salander qui se trouve en plein tour du monde. Elle semble voyager au gré de son humeur et grâce à des fonds illimités, et elle a rompu tout contact avec Blomkvist. Mais tôt ou tard, ils devraient bien finir par se retrouver…
Le choix narratif de Larsson fait bien la part entre les péripéties de Salander et celles de Mickael, mais ce deuxième tome est surtout axée sur la mystérieuse jeune fille. Apparue comme une pièce maîtresse de l’agence Milton Security, elle se dévoile de plus en plus dans ce livre, qui va déterrer des éléments de son passé qu’elle aurait probablement voulu enfouir à jamais. La Lisbeth que l’on a connu dans Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes était une femme de poigne, déterminée, asociale et rebelle à toute forme d’autorité. Autant de traits de caractères marquants qui en font un personnage fort et dynamique. Mais cette personnalité étrange a été construite sur des éléments et des événements bien précis, qui vont être révélés dans ce récit captivant.
Même s’il contient des passages longuets lorsque Lisbeth Salander décide de déménager, le rythme de croisière du premier tome revient ensuite pour accompagner une enquête très spéciale sur fond de trafic sexuel. La forte tête qu’est Lisbeth Salander n’est pas le genre de femme à supporter ce genre de cruauté, et elle va participer de manière très particulière à l’enquête menée par le journaliste Dag Svensson et sa compagne Mia Bergman. Ces deux nouveaux protagonistes vont être appuyés par le journal Millénium, et vont donc entrer en contact avec Blomkvist et la directrice Erika Berger.



Le plus surprenant dans ce bouquin est évidemment la découverte de Lisbeth, plongée dans une aventure hors norme et ponctuée de souvenirs douloureux et marquants. Totalement hermétique pour son entourage, elle vit quasiment en vase clos, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une poignée d’amis ou de connaissances sur qui compter. Et c’est aussi la découverte de cette vie sociale qui permet de se faire une idée de cette sacrée Lisbeth, et de comprendre les mécanismes qu’elle a enclenché afin de ne pas se perdre. Personnage fascinant au plus haut point, elle est ici l’élément central, et Blomkvist est plus en retrait alors qu’il occupait la première place dans le premier roman. Cette modification de point de vue permet au récit de ne pas être une simple suite, mais de prolonger l’aventure en offrant une autre vision. Une vision désabusée mais toujours frondeuse, en adéquation avec le caractère si particulier de Lisbeth.
Comme dans le premier tome, Stieg Larsson opte pour un télescopage de personnalités bien diverses, et l’enquête va voir toute une galerie de flics, de psys, de truands et de journalistes qui vont œuvrer sur des matériaux bien divers. Mais la toile de fond reste ce réseau de prostitution nébuleux, qui va progressivement sortir de l’ombre. Les nombreuses interactions entre les personnages sont traités encore une fois avec un souci d’authenticité et une rigueur admirables, et cette seconde enquête semble avoir été pensée bien avant le premier tome tant les événements découlent naturellement. La maîtrise scénaristique de Larsson est l’une des plus grandes qualité de cette série, et les révélations qu’il livre sont pensées avec soin.
Le succès de la trilogie ne pouvait pas échapper aux producteurs de cinéma, mais la bonne nouvelle est que la sensibilité nordique sera conservée puisque le film sera suédois. L’adaptation se fera en fait en trois films, et voici un avant-goût avec cette photo. A gauche, Michael Nyqvist qui jouera Mickael Blomkvist, au centre Noomi Rapace qui campera Lisbeth Salander, et à droite le réalisateur danois Niels Arden Oplev.

samedi 22 mars 2008

LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES - MILLENIUM 1 (STIEG LARSSON, 2005)


L’histoire de la trilogie Millénium est baignée d’une aura aussi étrange que les récits qu’elle déroule. Stieg Larsson était un journaliste spécialisé dans la lutte contre l’extrémisme, et il a publié plusieurs essais sur ce thème. Puis un jour il adécidé de s’atteler à une série de romans, action qu’il qualifiait simplement d’ « assurance-vieillesse ». Il était motivé à l’idée de donner naissance à une dizaine de tomes… Mais juste après avoir remis les trois exemplaires de la trilogie de base, il a été foudroyé par une attaque cardiaque. Et les Millénium l’ont rendu mondialement célèbre...
Les quelques 600 pages du premier volume ne doivent pas vous décourager, Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes constituant une intrigue absolument excellente, au mélange assez incongru de politique financière et de tueur en série. De prime abord, on ne sait pas trop bien ou Larsson veut emmener son lecteur, mais on est tout de suite installé dans une ambiance étrange avec cette histoire de fleur envoyée par un individu mystérieux. Tous les ans, le jour de son anniversaire, l’industriel Henrik Vanger reçoit par courrier une fleur séchée, et ce depuis 30 ans. Symboliquement, cette fleur semble représenter beaucoup pour Henrik, qui vit avec ce mystère depuis si longtemps.
Puis l’on passe à ce journaliste économique condamné pour diffamation suite à un article où il épinglait un grand financier qu’il accusait de malversations. Mikael Blomkvist a perdu dans sa tentative de faire tomber Hans-Erik Wennerström, et il est condamné à purger une peine de prison. Ce qui n’augure rien de bon pour le petit journal indépendant Millénium
On passe ensuite à la présentation de Dragan Armanskij, patron d’une boîte spécialisée dans la surveillance et les enquêtes privées. Et enfin, on fait la connaissance de Lisbeth Salander, jeune fille chétive et asociale qui est en outre le meilleur élément de l’agence d’Armanskij. Les présentations sont faites, et on se demande bien comment vont se croiser ces personnages. Mais il reste à l'auteur quelques 550 pages pour ça…



Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes fait partie de ces romans à la matière dense qui vous triturent le cerveau avec ses énigmes insolubles. Outre l’affaire Wennerström sur laquelle Mikael revient de temps en temps, c’est à un mystère plus dramatique et très étrange auquel il va se retrouver confronté. Il va devoir résoudre une enquête datant de 40 ans, lorsqu’une petite fille a disparu de l’île sur laquelle elle se trouvait avec sa famille. Il s’agit d’un « mystère de la chambre close » à l’échelle d’une petite île, qui n’a jamais été résolu en 4 décennies. Et Stieg Larsson maîtrise assez son sujet pour plonger le lecteur dans un récit à haute teneur en suspense, où la recherche du passé se fait de manière intense tout en ayant forcément des répercussions sur le présent.
En croquant ses protagonistes avec précision et originalité, Larsson évacue toute possibilité de lâcher ce bouquin. La personnalité très spéciale de Lisbeth vaut à elle seule le coup d’œil, avec son caractère trempé et les situations hallucinantes où elle se retrouve. Larsson manie avec aisance plusieurs genres littéraires pour les assembler en un récit d’une cohérence exemplaire et d’une fluidité saisissante compte tenu de la multiplicité des personnages et des événements. Ce Millénium 1 est un pavé aux thématiques nombreuses et à la structure extrêmement dense, avec laquelle l’auteur s’en sort à merveille. C’est simple, tant que l’on ne connaît pas le fin mot de l’histoire, et donc les résolutions des différents problèmes soulevés au départ, on ne peut pas lâcher ce bouquin. Hautement addictif, il met en place toute une machinerie incroyablement contrôlée et crée des surprises de taille tout au long du récit. Un excellent livre, dont l’ambiance insulaire laisse planer une menace latente… Tout simplement énorme!