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dimanche 21 septembre 2008

TREMORS 4 (S. S. WILSON, 2004)



Saviez- vous qu’il y avait eu une suite à Tremors 3? Les Graboïds sont de retour dans cette séquelle qui revient aux sources, puisque l’action se déroule à nouveau dans la petite ville de Perfection, Nevada. Sauf qu’elle s’appelle encore Rejection, et que ça se passe en 1889, en plein Far-West donc. Et celui qui bénéficie de 4 Tremors sur son CV, c’est Michael Gross, puisqu’il endosse cette fois le rôle de l’ancêtre de Burt Gummer, le trouillard Hiram Gummer. La boucle est donc bouclée, amen.


Que dire de ce 4ème opus? Et bien, comme c’est souvent la règle dans les séries, l’intérêt s’étiole au fil des pellicules. Après un très bon Tremors, un sympathique Tremors 2 et un ennuyeux Tremors 3, voilà un Tremors 4 qui achève la saga sans gloire. Après les mutations des épisodes 2 et 3, l’idée était plutôt bienvenue de remettre en avant les vers des sables, mais l’inspiration ne semblait pas véritablement au rendez-vous. Sorti en DTV (comme les épisodes 2 et 3), cet ultime opus se repose uniquement sur le(s) succès de son (ses) prédécesseur(s), et ne cherche absolument pas à créer l’originalité.
Le scénario de S. S. Wilson et Brent Maddock est d’une platitude confondante, et le film déroule tous les poncifs du film de grosse bébête, avec les explications foireuses, les bons sentiments et les retournements de situations pas très crédibles. Le rythme est très faible, même plus que celui du 3, et ça fout bien en l’air une saga qui avait tous les atouts pour être des plus réjouissantes. De plus, les visions des vers sont assez statiques, et basées sur la loi du minimum syndical. Bref, c’est du bon foutage de gueule, et c’est très difficile à regarder en entier.

L’ancêtre de Burt Gummer est donc le propriétaire de la mine où apparaissent les bestiaux pour la première fois, et il est tout aussi précieux que Burt est féru d’armes. L’idée est plutôt marrante, mais l’écriture du personnage est tellement caricaturale que l’intérêt retombe rapidement. C’est le cas pour quasiment tous les personnages d’ailleurs, qui sont complètement lisses et dévoués à leur simple rôle respectif. Les Chinois jouent les nouveaux arrivants qui ne lâcheront pas leur belle terre d’accueil, la patronne de l’hôtel joue une femme forte mais fragile à l’intérieur, bref, que des poncifs bien costauds.
Et là, apparaît Black Hand Kelly. On se dit alors que le film va enfin devenir intéressant, puisque le rôle est tenu par le génial Billy Drago, qui donne une densité inattendue à son personnage. Ce tueur impitoyable et ténébreux fait légèrement remonter l’attention, mais il n’est pas suffisamment présent à l’écran. En tout cas, ça fait bien plaisir de voir celui qui tenait Chuck Norris en échec dans Delta Force 2! Billy était en forme sur Tremors 4, et sa composition est ce qu’il y a de plus intéressant à piocher dans le film.
Mais qui sait, un Tremors 5 traîne peut-être dans les tiroirs…

samedi 20 septembre 2008

TREMORS 3 (BRENT MADDOCK, 2001)



Saviez-vous qu’il y avait eu une suite à Tremors 2? Les Graboïds sont de retour dans cette séquelle qui revient aux sources, puisque l’action se déroule à nouveau dans la petite ville de Perfection, Nevada. Mais cette fois-ci, ni Kevin Bacon ni Fred Ward ne sont de la partie, et le film repose sur les épaules de Michael Gross, le fanatique d’armes promu premier rôle!
Burt Gummer revient en ville après un petit périple argentin où il a cassé du Graboïd en toute sérénité. Mais quand il se rend compte que la ville est à nouveau assiégée par les monstres souterrains, il sonne le branle-bas de combat et prend les armes…
11 ans se sont écoulés depuis la première apparition, et quelques habitants sont toujours là. La petite Mindy est devenue une jolie jeune fille, le petit con Melvin est devenu un grand con, et la boutique de Chang a été reprise. On peut d’ailleurs y trouver des comics Graboïds, des jouets en plastique Graboïds, des sodas Graboïds… La petite ville tente de tirer profit de ce qui lui est arrivé à l’époque, et un jeune a même décidé de lancer un parcours touristique avec de faux Graboïds pour se faire de l’argent facile!


Mais tout ce beau petit monde n’était pas préparé à la nouvelle génération de monstres, qui après être passé par les Hurleurs du second opus, mute encore en quelque chose de plus dangereux… Et c’est là que ça commence à devenir agaçant, parce que la série Tremors commence à devenir un sous-Jurassic Park, s’éloignant de plus en plus de l’originalité qui faisait le propos du premier. Si l’évolution de Tremors 2 apportait une touche d’authenticité, celle de Tremors 3 est artificielle et n’est qu’un truc scénaristique pour enchaîner sur une suite. Les vers géants n’apparaissent pas beaucoup, laissant leur place à une autre variation…
Les SFX sont d’ailleurs relativement moches, surtout pour les effet générés par ordinateur qui s’incrustent difficilement sur la pellicule. Les créatures en animatronique, ça passe encore, mais le reste c’est franchement cheap. Ce qui réduit considérablement la portée dramatique du film, puisque ces bestioles factices ne possède pas la dimension dramatique de leurs congénères du 1 et du 2.


Le choix de confier le rôle principal à Michael Gross semble s’être fait surtout par désistement, mais son personnage était assez drôle et pertinent dans les deux premiers épisodes pour sembler suffire à mener un film entier. Pourtant, ce choix s’avère vite décevant, car ce qui fonctionnait par intermittence dans Tremors et Tremors 2 ne tient pas la longueur sur tout le film. L’humour et le caractère fonceur de Burt Gummer n’est pas assez étoffé pour maintenir l’intérêt du spectateur sur 1h 30, et les autres personnages ne sont d’ailleurs pas très fouillés eux non plus.
Tremors 3 est une suite qui fait baisser le niveau de la série, ce qui est bien dommage au vu des qualités des deux premiers épisodes…

vendredi 19 septembre 2008

TREMORS 2 (S. S. WILSON, 1996)



Saviez-vous qu’il y avait eu une suite à Tremors? Les Graboïds sont de retour dans cette séquelle qui déplace l’action au Mexique, où les employés d’une compagnie pétrolière se retrouvent dans la même situation délicate que les habitants de la petite ville de Perfection il y a quelques années…
Qui dit suite dit retour du casting, même si Kevin Bacon fait faux bond à l’équipe. C’est Fred Ward qui assure donc le premier rôle après avoir partagé l’affiche de Tremors avec le jeunot. Sa gueule burinée et son physique de baroudeur associés à une sensibilité inattendue font du personnage d’Earl Bassett un gars de la campagne rude et attachant. Là où Tremors fonctionnait sur l’alchimie du duo Bacon- Ward, il fallait toute la subtilité de l’acteur pour tenir le film sur ses seules épaules.


Mais derrière ce personnage de premier plan se faufile un autre habitué des Graboïds, Burt Gummer. Le fana d’armes du premier opus interprété par l’excellent Michael Gross rempile lui aussi pour les besoins de Tremors 2, et le spectateur se retrouve finalement en terrain connu. Michael Gross apporte son côté frondeur et allumé qui fait du personnage de Burt l’un des plus intéressants de la série. Un homme sans peur apte à manipuler toute les armes de la création, et qui prend un pied monstre à jouer à la guerre!
Un jeune blanc-bec tente de faire oublier Kevin Bacon en faisant équipe avec Earl, mais Christophe Gartin ne parvient pas à retrouver l’excellent tempo qui rythmait les aventures des deux partenaires de Tremors. Son rôle est assez peu développé et n’est pas très essentiel. Par contre, le personnage de la scientifique interprétée par Helen Shaver possède plus de consistance et apporte une touche de romance entre deux attaques de vers des sables, ce qui n’est pas déplaisant car plutôt bien joué. Earl Bassett qui perd ses moyens devant une jolie femme, ça le fait…


Mais bien sûr, pas de Tremors 2 sans créatures visqueuses, et le film de S. S. Wilson tient ses promesses, optant même pour une évolution radicale menée avec intelligence, et obligeant nos héros à s’adapter à un ennemi qu’il pensait connaître. On se rapproche soudainement d’un Carnosaur, ce qui n’est pas déplaisant, Tom Woodruff Jr. assurant des effet spéciaux réalistes.

L’histoire ne possède plus l’originalité du premier (ni la caractérisation toute texane effectuée par Ron Underwood), mais constitue une séquelle honnête et divertissante réalisée par une équipe rompue au film de genre. L’intérêt ne faiblit pas, et la cohésion entre un casting sympathique et une histoire travaillée font de ce Tremors 2 un travail d’artisan réussi, de ceux qui peuplaient les vidéoclubs il y a belle lurette, et qui fonctionnent encore aujourd’hui.



mercredi 17 septembre 2008

TREMORS (RON UNDERWOOD, 1990)



Petit film qui a fait son effet au début des années 90, Tremors est un classique du film de monstre qui n’a pas pris une ride. Dans la minuscule bourgade de Perfection perdue au milieu de nulle part, Val et Earl vont être confrontés à une mystérieuse menace surgissant de la terre. Les morts violentes se multiplient, et les deux potes vont tenter de venir en aide à la population afin de survivre à l’invasion…
La réalisation de Ron Underwood rappelle le classicisme à la Spielberg, avec ses mouvements de caméra amples soulignant parfaitement l’action. Underwood s’amuse visiblement beaucoup en élaborant ses séquences, et les effets qu’il met en place sont la marque de fabrique d’un artisan rodé au genre. Par exemple, lorsque Earl et Val parlent de la solution du bulldozer, on le voit en gros plan, puis la caméra effectue un zoom arrière qui mesure l’énorme distance les séparant de l’engin. L'excitation des deux amis décline en même temps que le zoom, ce qui constitue une note d’humour plutôt bien amenée. Et des plans de ce genre, Tremors en recèle plus d’un, le réalisateur sachant assurer ses effets avec beaucoup de technique.


Il rappelle aussi constamment dans quel environnement perdu se débattent les protagonistes, jouant toujours sur l’idée de liberté si chère à Val et qui risque probablement de leur coûter la vie. Perfection est niché entre deux montagnes dans une zone aride, et les visions de cette nature sauvage sont belles, et dégagent en même temps une vague crainte. Underwood réussit parfaitement le compromis entre l’impression de tranquillité et celle de la menace sourde.
Les acteurs sont excellents, Kevin Bacon et Fred Ward en tête, mais le reste de la population ne dénote pas dans ce casting, avec une mention particulière pour Burt Gummer, le fana d’armes à feu interprété par Michael Gross. La plaque d’immatriculation de son 4X4 résume bien ses prises de position: UZI 4U. La classe à la Charlton Heston…
Les effets visuels sont étonnants de vérité, proposant des monstres franchement dégueulasses et d’autant plus réussis. Gluants et voraces à souhaits, ils font partie d’un chaînon manquant répugnant, et vont poser bien des problèmes à la paisible communauté! Le rythme du film est élevé, et les scènes d’action se suivent sans oublier de jouer la carte psychologique, ce qui est un plus non négligeable.


Tremors est une aventure prenante qui est en fait un démarquage terrestre des Dents de la Mer, et le suspense fonctionne tout aussi bien, avec des pointes d’humour en plus! La caractérisation des personnages est essentielle dans le développement de ce dernier point, et donne lieu à des dialogues plutôt drôles et une ambiance générale très fun, même si la tension est palpable. Le genre de film typique qui fleurissait dans les 80’s, capable de jouer sur plusieurs tableaux sans se prendre les pieds dedans, et qui assume le spectacle sans le faire au détriment du réalisme. Tremors est véritablement un point de repère dans la série B de l’époque, et il se maintient encore au-dessus de nombreuses productions actuelles grâce à sa sincérité attachante et le travail des artisans des SFX de l’époque. Si vous ne connaissez pas les bébêtes, foncez!

dimanche 22 juin 2008

BLACK WATER (ANDREW TRAUCKI, DAVID NERLICH, 2007)



Le film de croco est un genre à part entière, qui en général sent bon le bayou et le tabac à chiquer. Le Crocodile de la Mort, Lake Placid et autre Primeval mettent en scène le reptile préhistorique dans des œuvres qui sont au final des démarcations plus ou moins habiles des Dents de la Mer de Steven Spielberg.
Ce Black Water a le culot d’être produit la même année que le Solitaire (Rogue en VO) de Greg McLean, et la comparaison est inévitable. Mais même si la plupart des critiques le voient comme un sympathique hors-d’œuvre avant la sortie de Solitaire, je trouve qu’il possède une touche d’authenticité qui le place devant le film de McLean. Solitaire est pour moi surévalué car il n’apporte pas grand-chose de neuf et que le côté émotion n’est pas très travaillé tandis que Black Water, même s’il n’est pas exempt d’approximations et de pertes de vitesse, propose un déroulement impliquant davantage le spectateur.


Le réalisme de la situation permet de se projeter à la place des personnages, deux sœurs et le petit ami de l’une d’elle. C’est sur la gradation psychologique qu’Andrew Traucki et David Nerlich insistent, leur mise en scène se concentrant davantage sur les émotions que sur les attaques du saurien. Saurien qui n’apparaît au final pas beaucoup, ce qui est tout à l’avantage du film en fait. Le suspense ainsi distillé n’en est que plus prenant, puisque les victimes (et par conséquent les spectateurs) redoutent de plus en plus une attaque qui ne vient pas. La tension est palpable, et malgré quelques menus défauts d’écriture, Black Water est une série B qui n’a rien à envier à son grand frère Solitaire.
Les trois acteurs (Diana Glenn, Maeve Dermody et Andy Rodoreda) apportent une grande crédibilité à leurs personnages, et ma préférence va à la blonde Maeve, qui en plus est tout simplement craquante! Bref, cette histoire de trois personnes perchées sur un arbre pour éviter de se faire croquer par la vilaine bébête fonctionne plutôt bien!


L’atmosphère très bayou (même si le terme s’utilise exclusivement en Louisiane) est oppressante, avec ses arbres entremêlés accentuant l’impression de claustrophobie. Les trois membres de l’expédition se retrouvent piégés loin de toute civilisation, sans pouvoir utiliser leur portable, et avec l’impossibilité de pouvoir descendre sous peine de voir le croco surgir de ces eaux mortelles. Un schéma classique mais qui fonctionne toujours. Pour la petite anecdote, c’est en voyant l’excellent Open Water- en Eaux profondes de Chris Kentis (2004) que les deux réalisateurs ont eu l’idée de faire ce film. Le film de Kentis traitait des requins, mais d’une manière totalement différente de Spielberg, et l’approche très documentaire était pour beaucoup dans sa réussite. Traucki et Nerlich ont essayé d’éviter le spectaculaire et de se focaliser sur l’aspect psychologique, et les interactions variables entre les personnages sont dans ce sens réussies.
Black Water est donc un sympathique B, qui devrait contenter les fans en attendant la déception Solitaire…

lundi 7 avril 2008

BLACK SHEEP (JONATHAN KING, 2006)



Sorti le 19 mars 2008


Tourné il y a déjà 2 ans, Black Sheep a fait le tour des festivals avant de sortir enfin sur les écrans. Ce croisement entre Bad Taste, La Nuit des Morts-vivants et Le Loup-Garou de Londres est réalisé par un Néo-Zélandais qui ne tarit pas d’éloges sur ses sources, mais ce mélange ultra-référentiel ne sort malheureusement pas du cadre de l’hommage appuyé…
Jonathan King est un élève appliqué qui remet à jour des scènes déjà vues ailleurs, aidé en cela par des effets visuels réussis (normal, c’est WETA, la boîte de SFX de Peter Jackson, qui s’en charge). Les transformations sont bien foutues, la bestiole initiale est belle, et les effets de masse fonctionnent. Mais l’essentiel, à savoir l’intrigue et les personnages, est tout simplement bâclé. Le sort de cette poignée de héros faussement farfelus n’intéresse à aucun moment, le comble pour un survival champêtre qui se veut magnifié par la grandeur des paysages. Le héros ovinophobe (il a une peur panique des moutons donc) ne sert à rien, la blonde écolo est saoûlante, le fermier du cru est stéréotypé, et le méchant frère est… juste méchant. Des poncifs qui ont peut-être été créés dans l’intention de les détourner, mais le scénariste a dû oublier quelque chose en cours de route.


La progression du film se fait avec une absence de dramaturgie totale, Jonathan King se contentant de tabler sur les scènes à effets spéciaux qui jalonnent le métrage, pensant que cela suffirait à contenter les spectateurs. Mais la répétition des séquences ne tarde pas à reléguer les SFX en arrière-plan, et l’intérêt que pouvait susciter un film de zombie-moutons (ou de moutons-garous, c’est selon) retombe très rapidement.
Pourtant, Black Sheep offre un sursaut de temps à autre, avec en point d’orgue l’attaque des moutons tueurs lors d’un discours en plein air. Cette séquence possède le souffle visuel qui fait défaut au reste du film, et montre une descente à flanc de colline qui n’est pas sans rappeler les charges héroïques du Seigneur des Anneaux. Et lors de l’impact, les effets gore bien généreux servent tripailles et amputations avec une énergie digne d’un Peter Jackson de la première période. Et une fois cette scène passée, il reste encore quelques plans disséminés ça et là, montrant des moutons au clair de lune, ou simplement des plans fixes sur un mouton avec son air placide, suivi d’un déferlement de rage inattendu.
Black Sheep se veut une œuvre fédératrice pour tous les amoureux du cinéma gore-absurde de Peter Jackson ou de Sam Raimi période Evil Dead, mais il ne parvient pas à rivaliser avec l’énergie gonflée par le côté cheap qui parcourait les premiers films de ces énergumènes. Le premier effort de Jonathan King est un patchwork sans âme, parsemé seulement de quelques idées malheureusement trop rares. A ce titre, l’utilisation des pets de moutons est tout simplement géniale! Dommage que le reste ne soit pas du même acabit…

jeudi 20 mars 2008

CUJO (LEWIS TEAGUE, 1983)


Si l’on s’en réfère à sa filmographie mélangeant séries TV, téléfilms et cinéma, on pourrait presque croire que Lewis Teague est un yes-man sans aucune personnalité. Et au vu de ses Navy Seals- les Meilleurs ou Le Diamant du Nil, on pourrait bien être conforté dans cette opinion. Pourtant, hasard, prise de conscience ou illumination, il imprime cette adaptation de Stephen King d’une telle tension qu’il est impossible de ne pas voir les réelles qualités de mise en scène dont il fait preuve. Après le roman bien flippant du King paru en 1981, ce film n’est pas une extension simpliste mais constitue un vrai film de suspense dont le procédé n’est pas très éloigné des fameux Oiseaux de sir Alfred…
Tout d’abord, la caractérisation des personnages possède la subtilité et la profondeur des œuvres du maître de l’horreur, et la filiation avec le matériau littéraire de base est cohérente, tout en posant les assises d’un scénario qui va se suffire à lui-même. L’histoire de ce jeune couple avec enfant est décrite de manière si naturelle qu’elle offre en fait une vision plus globale sur la notion élémentaire de famille. La période délicate que passe le couple, les rapports entre les trois membres de la famille sont écrits avec soin, et les problèmes auxquels ils sont confrontés sont terriblement humains.



Le scénario ne va pas dérouler une histoire construite mécaniquement en plusieurs actes, mais va imbriquer les sentiments et les problèmes personnels des protagonistes dans le récit plus central de ce terrible chien. Le mérite de cette construction en revient évidemment à Stephen King pour qui l’aspect psychologique joue toujours pour une grande part dans la création de la peur. Et le début du film avec le jeune Tad qui se précipite dans son lit en espérant que son monstre du placard ne sortira pas est un hommage véritablement sincère à la peur enfantine chère au King. La caméra de Lewis Teague capte la naissance de cette peur dans le regard de Tad, mais aussi dans cette porte de placard filmée avec une grande intensité. Dès le départ, Teague prouve qu’il est à l’aise dans le monde de Stephen King, et la suite va lui donner entièrement raison.
L’histoire finalement simpliste de Cujo se trouve donc agrémentée d’une dimension psychologique très satisfaisante, et Lewis teague va encore appliquer une vision à la fois apocalyptique et minimaliste au récit de ce siège mené par le saint-Bernard enragé. Ses cadrages sont pensés avec une grande intelligence, et la fluidité de sa mise en scène est impressionnante. Le fameux plan d’ensemble de la voiture qui recule pour pivoter et finir sur Cujo surveillant ses proies est d’une efficacité tout aussi redoutable que la plume de Stephen King, et Teague va filmer le calvaire de la mère et de son fils avec un sens aigu du réalisme. On pourrait croire qu’un film qui se passe pour la majeure partie dans une voiture va devenir lassant au bout d’un moment, mais le réalisateur multiplie les angles de vue et les méthodes de filmage pour arriver à un résultat cohérent qui va faire monter crescendo la tension. Loin d’un film tape-à-l’œil qui se serait contenté de montrer la vilaine bébête en action à intervalles réguliers, Teague ménage un suspense diablement efficace en variant les points de vue: celui, essentiel, de la mère, mais aussi celui de Cujo, qui confère définitivement une aura diabolique au redoutable chien.



Les plans de Cujo sont à la limite du fantastique dans le sens où il apparaît comme l’incarnation physique du monstre tant redouté par Tad. Ce n’est qu’un banal chien que la rage a rendu fou, mais c’est dans le réalisme même de la mise en scène (qui n’est pas sans rappeler La Colline à des Yeux d’Aja) que surgit cette dimension démoniaque. Comme si le fantastique était tapi dans l’ombre, pas directement visible, mais pourtant bien présent. Cette façon de filmer est évidemment en totale adéquation avec les thématiques de l’œuvre de Stephen King, et Cujo apparaît comme l’une des meilleures adaptations d’un de ces romans, pas moins. L’utilisation des arrières-plans est excellente, et donne à la fois de l’air tout en enfermant doublement Donna et Tad. Et la musique entêtante de Charles Bernstein faite d’innocence menacée est remarquable.
Les maquillages sont d’un réalisme saisissant, et les effets de la déshydratation sont choquants, surtout sur le petit garçon. Mais le réalisme des effets de la rage sur le saint-Bernard est tel que l’on se demande s’il n’est pas réellement malade. La vision de ce terrible chien est véritablement inquiétante, et les dresseurs ont dû s’en donner à coeur joie pour tourner ce film.
Cette histoire de chien enragé qui aurait pu être une banale série B est magnifiée par une mise en scène captivante et inventive qui fait de Cujo un sommet du film de suspense. Sale bête va…


mercredi 27 février 2008

CLOVERFIELD (MATT REEVES, 2008)



Sorti le 6 février 2008

La tendance actuelle du cinéma dévoilée à Gérardmer le mois dernier fait état d’un retour à une volonté immersive aussi réaliste que possible. Que ce soit l‘ultra-éprouvant [REC] (qui aurait dû remporter haut la main le Grand Prix, je ne le répéterai jamais assez!), le Diary of the Dead de Romero, ou cet impressionnant Cloverfield, la coïncidence veut que les films tournés en point de vue intradiégétique (la personne qui filme fait partie de l’histoire) reviennent en force longtemps après Le Projet Blair Witch, et les inspirations diverses nourrissant cette renaissance semblent résolument traitées avec une intelligence sans faille.
La grosse bébête de Cloverfield était attendue avec de plus en plus d’impatience, et le résultat est un film apocalyptique aux résonances post-11 septembre tout ce qu’il y a de plus viscéral. Sans plomber le récit par des références directes, les séquences suffisent à plonger le spectateur dans le chaos qu’ont pu vivre les New-Yorkais il y a déjà 7 ans, en jouant à fond la carte de l’ultra-réalisme. Le principe de la caméra portée devient alors naturel et se fond avec aisance dans la catastrophe gigantesque qu’elle filme. Depuis Le Projet Blair Witch, on sait que c’est l’angoisse qui donne envie de continuer à filmer, et surtout le fait de se sentir encore vivant. Le caméraman ne perd donc pas trop de temps en explications, et continue d’immortaliser l’événement tout en essayant d’y survivre.



La première partie destinée à faire connaissance avec les personnages est une fête de jeunes typique, avec le comique de service et les histoires d’amours contrariées classiques. Mais c’est justement dans l’attente de ce qui va arriver que ces petites existences prennent leur sens dans leur futilité même, et lorsque le personnage principal, Rob, se retrouve en train de faire la gueule et que l‘on se dit que ça patine un peu, c’est justement le moment où le premier tremblement a lieu. Drew Goddard, scénariste fidèle du producteur J. J. Abrams depuis Lost et Alias, dynamite l’esprit teen movie que prenait le métrage pour recadrer violemment les objectifs. A savoir la destruction pure et simple de Manhattan, et la fuite du groupe de 5 jeunes afin d’échapper à la créature cauchemardesque. Les acteurs sont plutôt bons et apportent une bone dose d’humanité en variant les émotions qu’ils ressentent. L’urgence de l’instant est on ne peut plus claire, et ils réagissent en conséquence aux désastres qui leur arrivent.


Si l’on pense invariablement à Godzilla, on est loin du film pépère d’Emmerich ou des décors en carton-pâte d’Inoshiro Honda. Les décors grandioses de Manhattan sont plus vrais que nature, et l’utilisation de matte-paintings (les arrière-plans sont peints et les scènes filmées sont incrustées) et d’éléments en 3D sont traités avec un souci du détail énorme. On est à l’opposé d’une stylisation complète à la 300, et tout ce qui est vu apparaît aussi réaliste que possible. Les scènes de désolation avec les tours éventrées, les séquences de combat qu’on croirait tournée en Irak, la foule immense qui se précipite vers le pont de Brooklyn… Et bien évidemment le monstre, au visuel original et aux extensions mortelles… Tout est simplement énorme dans ce film, qui oblige à une immersion ayant rarement atteint un tel degré. On se sent littéralement happé dans cette course à travers une ville ravagée, et la tension ne baissera pas durant tout le film. Nerveux au possible, déroutant et hallucinant, Cloverfield est une vision de cauchemar à l’allégorie à peine déguisée, qui met à mal la suprématie d’une Amérique affaiblie en exorcisant ses démons sous la forme d’une menace biologique terrifiante. Une date dans l’histoire du cinéma, et des émotions brutes convoquant une peur irrépressible de la mort. Un choc viscéral donc, à des années-lumière du sympathique Porteur de Cercueil, film précédent de Matt Reeves (1996 tout de même!), comédie emmenée par David Schwimmer et Gwyneth Paltrow…


mercredi 30 janvier 2008

GERARMER 2008: SEANCE 2: SOLITAIRE (GREG McLEAN, 2007)


Après l’ambiance à moitié oppressante de L’Orphelinat, Jimmy, Reb Brown, Mother Firefly et moi courons à la voiture afin de nous rendre à l’Espace Lac. Nous sortons de la première séance, il est 10h 45. Déterminés à voir Solitaire, nous sommes malheureusement conscients de la quasi-impossibilité d’arriver à temps pour la projection de 11h, surtout qu‘elle est réservée à la presse. Nous courons malgré tout à la voiture avec l’espoir secret d’arrêter le temps, et nous retraversons la ville. La foule est bondée devant le Casino, mais nous ne perdons pas espoir. Nous poursuivons notre route le long du lac, et le destin se met en marche. Une voiture sort de son emplacement de parking, la seule place à des lieues à la ronde! Ni une ni deux, nous sommes garés, et nous commençons à courir comme des dingues vers la salle. Mais comment entrer dans une séance réservée prioritairement à la presse, et où nos pass journaliers sont probablement insuffisants pour dénicher 4 sièges? Pourtant à l’entrée (10h55), personne. Pas de problème pour passer, et un soulagement intense quand nous arrivons directement dans la grande salle, et que nous trouvons des places de côté. Derniers arrivés, mais on a réussi!
Ca fait 2 minutes que nous sommes assis, et des applaudissements se font entendre juste derrière. Un bonhomme barbu se fait prendre en photos, c’est le président Stuart Gordon! Suivront le tout petit Takashi « J’ai pondu 6 Grudge » Shimizu, la belle Kristanna « Terminatrix » Loken, le très vieux Ruggero Deodato, le sympathique Neil Marshall… Mais après quelques signatures, c’est l’heure de voir la véritable star du moment, et les lumières s’éteignent. Le croco va surgir…


Sortie le 13 août 2008

Après un premier long prometteur mais surfait (comprenez une première heure véritablement belle avec despersonnages fouillés, et une fin sombrant dans le ridicule avec un tueur en mie de pain), Greg McLean donne un petit successeur à son Wolf Creek. L’argument de départ a de quoi faire fantasmer tout amateur de cinéma bis qui se respecte: un bon gros trip sur les eaux marécageuses d’Australie, avec un bon gros croco géant à affronter. Ca fait saliver non?
Le générique est puissamment immersif, avec cet aspect naturaliste et ces paysages à couper le souffle. On est bien loin du bayou américain, et l’ampleur desdécors suffit à suggérer l’isolation que vont connaître les quelques touristes embarqués à bord du Suzanne, petit bateau de loisirs destiné à côtoyer les croco en toute sécurité.

Tout commence donc comme une attraction seulement ternie par la chaleur et les mouches. La présentation des personnages s’avère subtile et intelligente, et on se dit que la base de Wolf Creek est respectée. L’action ne va pas tarder à démarrer, et après quelques autres aperçus de la beauté de ce pays, la première attaque a lieu. Le bateau est percuté de plein fouet par une masse énorme, lui faisant prendre l’eau et obligeant les occupants à se réfugier sur un minuscule îlot. Piégés et terrifiés, les touristes et la guide vont être confrontés à un crocodile qui n’a pas l’intention de les laisser quitter son territoire…
Si les scènes d’action sont plutôt tendues, il y a tout de même un problème majeur avec les personnages. Autant ils apparaissaient réalistes au début, autant ils ne sont finalement plus que des figures archétypales, ce qui amoindrit considérablement la portée psychologique. Ce qui est bien dommage, Radha Mitchell composant une autochtone rude et délicate à la fois. Mais Michael Vartan ne parvenant lui à donner aucun relief à son personnage.


Par contre les effets visuels sont excellents, et la structure du croco ainsi que les séances de bouffe sauvage sont vraiment réalistes. Mais le final dérive rapidement vers le bon gros n’importe quoi au détriment d’un réalisme peut-être trop attendu. La lumière totalement artificielle du film gâche aussi énormément les scènes, notamment les scènes nocturnes qui font vraiment studio.
Le deuxième effort de Greg McLean est donc une grosse déception, qui s’avère plus proche du fun Frankenfish que d’un stressant Dents de la Mer en mode fluvial. Greg McLean a probablement voulu éviter la redite et offrir un spectacle plus cool, mais même en acceptant l’argument de la décontraction, Solitaire n’est pas le film de flippe annoncé (ou fantasmé?). Une scène finale totalement ridicule achève d’emballer le tout, et on reste sur le sentiment que tout ça aurait pû être bien meilleur...

mercredi 2 janvier 2008

JURASSIC PARK III (JOE JOHNSTON, 2001)


Jurassic Park III est le dernier volet de la trilogie, mais aussi le plus faible. Réalisé par le familial Joe Johnston (Chérie, j’ai rétréci les Gosses, Richard au Pays des Livres magiques), cet opus perd la puissance évocatrice des films de Spielberg qui se contente de produire. On assiste donc à une aventure sans relief qui voit revenir sur le devant de la scène un professeur Alan Grant qui se plaît à se prendre pour un autre archéologue célèbre, le Dr Jones…
Embarqué dans l’aventure afin de sauver un enfant perdu sur la deuxième île (celle du Monde perdu, donc), Alan Grant (Sam Neill) fait équipe avec quelques personnages gentiment farfelus, dont un William H. Macy toujours aussi sympathique en père de famille pas très débrouillard. Mais il est très dommage pour la série qu’elle ait perdu l’excellent Jeff Golblum, ce qui ôte un grand intérêt au film. La caractérisation des protagonistes reste trop superficielle pour créer une dynamique de groupe et pour maintenir un intérêt constant. Et l’idée d’affubler Alan Grant d’un chapeau similaire à celui d’Indiana Jones est un clin d’œil sympathique, même s’il ne lui donne pas pour autant la même prestance…

Si le scénario ne parvient pas à renouveler la formule, la mise en scène ne réussit pas non plus à faire oublier l’efficacité de Spielberg. Les plans sont classiques mais sans profondeur, et même la scène de la volière qui possédait un capital suspens intéressant ne décolle pas vraiment. Un comble pour un film de dinosaures censé fleurer bon l’aventure à l’ancienne! Le montage est évidemment essentiel pour faire ressortir des émotions et pour provoquer des angoisses, mais celui de Jurassic Park III est plus approximatif que celui de ses prédécesseurs, et nous fait regretter à chaque instant que Steven Spielberg ait voulu troquer son siège…


Il y a bien quelques bonnes idées qui surgissent de temps à autre, comme celle du téléphone satellite avalé par le méchant dino, mais le tout sent franchement le réchauffé. Les ptérodactyles annoncés à la fin du Monde perdu font donc une trop courte apparition, et il s’agit encore une fois d’une idée exploitée trop superficiellement. C’est le trait caractéristique de ce film, qui effleure son sujet sans s’y lancer vraiment. Le résultat est une vitrine à effets spéciaux (le grand Stan Winston est toujours aussi bon!) uniquement destinée à surfer sur la vague de la franchise…Pas de grosse trouvaille pour relancer la série donc, et il est bien dommage que l’idée apparue dans la fin du Monde perdu ne se concrétise pas dans ce dernier film, à savoir l’invasion de la ville. Un bon gros trip qui aurait pu s’avérer bien fun! Mais aux dernières nouvelles, cette idée devrait être la base du 4ème opus. Alors même si Johnston se retrouve encore aux commandes, on peut toujours espérer une conclusion savoureuse à cette épopée…

lundi 31 décembre 2007

LE MONDE PERDU (STEVEN SPIELBERG, 1997)


Quatre ans après le succès du premier Jurassic Park, Steven Spielberg poursuit l’aventure en se basant sur une idée aussi simple qu’efficace, l’existence d’une seconde île. Procédé scénaristique enfantin, non? En tout cas, cette subtilité permet aux spectateurs de se replonger dans l’ambiance féérique et bestiale du premier opus, et le metteur en scène use de ses dons pour nous convier à un solide spectacle.
L’élément principal du film est bien évidemment la présence de ces immenses dinosaures que les techniques d’effets spéciaux rendent totalement crédibles. Qu’il s’agisse des masses imposantes des tyrannosaures ou des facéties des plus minuscules, la frontière entre le rêve et la réalité est encore une fois absoute par Spielberg. Tel un enfant de 50 ans, il nous plonge encore une fois dans un monde qu’il aurait aimé arpenter, et qu’il nous fait découvrir grâce à la magie du cinéma. Spielberg est un solide conteur maniant son art avec une vision à la fois naïve et dure. Il est vrai qu’un film avec des dinosaures ne peut pas se passer de quelques détails sanglants, mais Spielberg possède surtout une vision d’enfant qui évite de basculer dans l’horreur pure. Tout comme Jurassic Park, Le Monde perdu est une aventure rythmée où un groupe d’humains va devoir échapper aux prédateurs ancestraux en utilisant toutes leurs ressources.




Dans la quasi-totalité des films de Steven Spielberg, les enfants tiennent un rôle déterminant. La fille du Dr Ian Malcolm fait office de garde-fou contre les dérapages sanguinolents, et pose son regard innocent et lucide sur toute cette aventure due à des adultes bien-pensants. Il s’agit toujours de garder à l’esprit la notion d’émerveillement sommeillant en chacun de nous, et qui a souvent tendance à disparaître avec l’âge. Mais cette extension de la part enfantine du réalisateur est toujours présente, et fait souvent ressortir les paradoxes de la sagesse adulte. Une thématique classique chez Spielberg, mais toujours utile.
En-dehors des dinosaures très réussis, il faut noter la présence d’un acteur exceptionnel, le génial Jeff Goldblum. Déjà présent dans le premier opus, sa prestation dans la peau du Dr Malcolm est un régal, conférant au personnage une dimension inédite dans ce genre de production. Le genre de héros qui ne veut pas en être un, mais surtout un père de famille au charisme et à la personnalité étonnants. Il se démarque notamment du personnage principal de Jurassic Park, le Dr Alan Grant (Sam Neill). Ce dernier était un homme qui refusait l’idée de paternité tout en possédant les qualités requises, et le Dr Malcolm est un homme qui accepte sa paternité tout en préservant son indépendance. C’est un électron libre qui ne répond pas à la vision classique de la famille (américaine), laquelle sera par ailleurs malmenée lors de la scène où le T-rex ira boire dans la piscine d’une jolie petite maison de banlieue. Un autre acteur remarquable fait partie de l’aventure, il s’agit de Vince Vaughn, alors encore inconnu. Sa prestation efficace dans le rôle de ce reporter malin sera un sacré tremplin pour lui, même s’il n’est pas encore reconnu à sa juste valeur.


L’avantage du Monde perdu est qu’il n’a plus besoin de poser les bases du concept et d’étirer son exposition. L’île aux dinosaures est connue des spectateurs et le réalisateur peut commencer plus rapidement à entrer dans le vif du sujet. Il enchaîne donc les séquences d’action avec efficacité et maintient tout au long du film un rythme soutenu, avec un morceau de bravoure voyant une Julianne Moore le regard plongé dans le vide s’ouvrant sous elle, alors qu’elle se trouve à bord d’un camion menaçant de tomber d’une falaise. Et la vitre sur laquelle elle est couchée commence doucement à se fissurer lorsqu’elle tente de bouger... Une vision incroyable et une mise en scène ultra-efficace pour un moment très angoissant!
Le final en pleine ville vaut lui aussi le détour, et laisse entrevoir ce qu’aurait pu être Godzilla si Spielberg en avait eu les rênes. Dommage… En tout cas, les deux premiers volets de Jurassic Park combinent efficacement effets spéciaux et dimension humaine, ce qui nous vaut deux spectacles de qualité…