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mercredi 7 mai 2008

NEW YORK 1997 ( JOHN CARPENTER, 1981)



John Carpenter est un réalisateur qui aura marqué les années 80 de sa patte inimitable, et ses titres de gloire sont légion: Assaut, La Nuit des Masques, Fog, The Thing… Et ce New York 1997 au titre aujourd’hui dépassé mais qui dépeignait un futur à la Orwell assez gratiné pour l’époque. Pour l’époque justement… Parce que cette œuvre visionnaire a bien vieilli depuis…
Ce film qui était pour moi une des œuvres majeures de la science-fiction 80’s lorsque je l’ai découvert à l’époque, a aujourd’hui perdu beaucoup de son charme… Là où je me rappelais d’un film à l’action incessante et aux immenses décors urbains à l’abandon, il reste en fait un film plutôt mou avec un Snake Plissken qui finalement ne fait que se promener dans un paysage apocalyptique. Le travail sur les décors est réussi et tient encore la route aujourd’hui, mais c’est vrai que le scénario reste assez superficiel…


Le personnage qui apparaît sous les traits de Kurt Russell est caractéristique des personnages d’anti-héros qui fleurissaient dans les années 80 (Mad Max, Rambo), et sa caractérisation avec le bandeau sur l’œil et le costume de cuir correspondent bien à son aspect bad guy. Snake est un rebelle macho qui se fout des conventions, et il a la classe! Il est envoyé en mission de récupération dans Manhattan, qui est une immense prison où à été capturé le président. Comme dans l’excellent Doomsday qui en est un remake à peine masqué, New York 1997 est une course-poursuite dans les rues mal famées de cette gigantesque prison sans gardiens, où les habitants survivent comme ils peuvent. Visuellement, le chaos ambiant est très bien rendu, mais les habitants, eux, font très datés. En fait, leurs apparitions sont plus drôles qu’inquiétantes, ce qui enlève beaucoup de crédit au film. Ce qui fonctionnait dans les années 80 a pris un sérieux coup de vieux, et voir un méchant avec des lunettes en plastique bleu fait plus rire que frissonner. En fait, ça fait le même effet que la scène où Arnold se déguise dans Terminator 3...


New York 1997 se regarde avec la boule au ventre, puisque la déception est grande. Pourtant, cette dépréciation n’est pas le lot de tous les films des 80’s heureusement (Invasion Los Angeles est toujours aussi génial!), mais le fait est pourtant avéré. Ici, ça ne tient même pas à l’aspect technique, mais bien à un problème de rythme. La mission de Snake est tout simplement trop calme, et mis à part un combat contre un colosse, il ne se passe pas grand-chose. C’est difficile à dire, mais ce film m’a bien déçu lors de ma dernière vision.
Le casting ne manquait pourtant pas d’ampleur, avec Donald Pleasence en président, Lee Van Cleef en brute, Ernest Borgnine en chauffeur de taxi… Des trognes bien caractéristiques du cinéma des années 60-70, auquel Carpenter a voulu rendre hommage… Malheureusement cela ne suffira pas à hisser le film vers le haut. Tout comme le rôle attribué à l’excellent Issaac Hayes qui est à la limite de la parodie…
Sinon il reste la partition carpenterienne qui est toujours aussi excellente et atmosphérique!

lundi 5 mai 2008

IRON MAN (JON FAVREAU, 2008)


Sorti le 30 avril 2008


Les adaptations Marvel semblent s’orienter vers une homogénéisation de très bon augure, et Iron Man est annonciateur de crossover bien bourrins qui devraient ravir les fans de comics! Un conseil pour ceux qui ne l’ont pas encore vu et qui comptent se faire une toile prochainement: restez jusqu’à la fin du générique, des infos de taille vous seront fournies… (merci pour le tuyau Matt Murdock!!!)
Alors, qu’est-ce qu’il vaut au final cet Iron Man qu’on nous vend depuis des mois à coups de teasers et d’affiches alléchantes? Et bien pour faire simple, je répondrai que Robert Downey Jr. EST Iron Man, avec toute sa fougue et sa décadence, et qu’il marque de manière indélébile le film de super-héros en posant un personnage ambivalent d’une extrême justesse. Pour la petite histoire, Tony Stark est un chef d’entreprise spécialisé dans l’armement de pointe, et il est aussi un séducteur et un frimeur de haute catégorie. Le genre de type que l’on hait ou avec qui on aimerait troquer sa place, c’est selon. Et Robert Downey Jr. joue avec le côté cynique du playboy en y prenant apparemment beaucoup de plaisir. Stark est un mégalo adepte du grand luxe, et son sens prononcé de l’autosatisfaction est très poussé. La chute sera d’autant plus dure…



L’interprétation du comics par Jon Favreau ouvre véritablement à une étude de caractère, et en cela est proche de la première partie du Spider-Man de Sam Raimi. La découverte des pouvoirs et des responsabilités qui vont avec se font au gré d’un parcours éprouvant qui posera son lot de métamorphoses. Ce principe laisse beaucoup de latitude à l’acteur principal, et Downey Jr. est tout simplement génial. Le jeu qu’il déroule permet de s’identifier à ce personnage pourtant si imbu de sa personne, et les nuances qu’il apporte vont progressivement révéler la part du héros qui sommeille. C’est justement cet éveil qui est l’une des étapes les plus intéressantes dans un film de super-héros; les réactions que cela engendre, les remises en question, les doutes, et les décisions irréversibles qui seront prises. Le parcours psychologique de Stark se fait non sans une certaine dose d’humour, ce qui donne au film un ton particulier.



Jon Favreau n’est pas très connu en tant que réalisateur, mais il aborde son film avec un réel amour du comics, lui qui lit les bandes Marvel depuis tout petit. Sa passion se ressent très fortement, et la maîtrise de sa mise en scène convient à merveille avec les aventures ébouriffantes de Tête-de-Fer. Il filme les séquences aériennes et les combats avec une lisibilité et un dynamisme exemplaires, et il apporte tout autant de soin aux moments plus intimistes. C’est simple, Favreau est parvenu à retrouver le dosage initialement créé par Stan Lee dans le développement de ses comics, à savoir 50% d’action et 50% de dimension humaine. Une recette qui aura porté ses fruits depuis les années 60, et que Favreau adapte parfaitement aux standards cinématographiques actuels. Et les postures bien iconiques directement sorties d’un comics vont ravir les fans…
Iron Man est un héros puissant et en quête de rédemption, et c’est ce dernier aspect qui donne toute la dimension dramatique au personnage. Tony Stark n’est pas un héros parfait (ce qui est justement la trame de départ de l’univers Marvel), et le travail qu’il accomplit sur lui-même est mis en corrélation avec son génie scientifique pour parvenir à la création d’un héros d’un nouveau genre. Un héros qui devrait être appelé à de grandes aventures, si l’on en croit ce qui se passe après le générique final…


Seuls petits bémols, le personnage joué par Jeff Bridges, celui d’Obadiah Stane, que je trouve finalement assez classique; et un combat de fin un peu too much qui évoque invariablement Transformers, mais qui bénéficie toutefois des artilleries conjuguées de Stan Winston et d’ILM. Un peu too much, mais bien fun…
En parlant de Winston et d‘ILM, il faut aussi signaler le travail exceptionnel sur les armures de Stark, qui sont hyper-réalistes et qui apparaissent comme des secondes peaux pour le personnage. Les effets visuels donnent véritablement naissance à toute une technologie de pointe, et la manière dont Stark conçoit son armure principale est géniale! Sinon Jim Rhodes est de la partie (joué par Terrence Howard) , Pepper Potts également (Gwyneth Paltrow), et ça fait bien plaisir de voir cet univers traité avec autant de sérieux…


samedi 3 mai 2008

JUILLET DE SANG (JOE R. LANSDALE, 1989)


Joe R. Lansdale est un écrivain passionnant, de la trempe d’un Pahlaniuk ou d’un Lehane. Le genre de type qui va te créer une atmosphère à partir de trois fois rien, et qui va te tenir éveillé grâce à une écriture ciselée et mordante. Lansdale est un écrivain du Texas, et Dieu que c’est bon de se plonger dans la moiteur de cet état! Juillet de Sang, publié en 1989, va suivre la drôle d’aventure de Richard Dane, pris malgré lui dans une tourmente macabre au risque de perdre sa paisible existence familiale.
Disons-le tout de suite, Juillet de Sang n’atteint pas les sommets des Marécages, que Lansdale écrira en 2000, mais il contient aussi cette substance si particulière imprégnant ses écrits, et qui suinte au travers des pages pour toucher le lecteur. Une substance qui est l’essence même de cette atmosphère texane dans laquelle baigne l’auteur, et qu’il retranscrit avec un mélange d’amour, d’humour et de clairvoyance qui n’est pas forcément la vision primaire habituelle. Evidemment, il y a des demeurés et des brutes épaisses dans ses romans, mais des personnalités se détachent du lot en apposant leur vue plus humaniste de cette civilisation. Lansdale, en traitant ce qu’il connaît, prend la population texane comme un microcosme représentatif de l’humanité, et brosse des portraits à la fois bien caractéristiques mais puissamment universels.
Juillet de Sang est une œuvre mineure dans la bibliographie de l’auteur, mais elle est intéressante à plusieurs niveaux. Cette histoire solidement ancrée dans une vision très responsabilisante du rôle du père possède des résonances faussement chrétiennes, mais aborde des thèmes comme la rédemption ou le pardon avec une justesse débarrassée des oripeaux religieux. Ici, la réalité est terre-à-terre, ce qui n’empêche pas ces notions d’exister. Le personnage central du roman, Richard Dane, est un père de famille aimant, mais en proie à des doutes quant à ses capacités de père. Mais il va apprendre que le rôle de père est parfois bien plus lourd que ça à porter… Je ne dévoilerai rien de l’intrigue qui est bien tordue (comme l’auteur les aime), mais je peux vous dire qu’il y a un personnage bien original de détective, à la fois très macho et vraiment lucide, du genre très direct et intelligent. Le genre de gars à sortir des phrases d’une poésie très particulière, comme: « La merde de cochon, si on la composte correctement, peut faire pousser n’importe quoi. Raoul prétend qu’un jour il va planter un poil de chatte et qu’il en poussera une vraie nana, mais la seule chatte qu’il a sous la main c’est celle de sa femme et il a pas vraiment envie d’en avoir une autre comme elle. »


L’atmosphère si particulière des romans de Lansdale se ressent beaucoup dans ses dialogues, aussi savoureux que rudes. Son écriture franche retranscrit à merveille une certaine idée du milieu rural, et capte des vérités sans pour autant jeter le discrédit sur une population. En gros, sa vision du Texas est un compromis entre Massacre à la Tronçonneuse et Walker Texas Ranger! En plus drôle évidemment. La tonalité rude qui imprègne le roman est faite de moiteur, de vieilles guimbardes, d’ex-taulard et de flic véreux. Une distribution qui ravira le fan de polar à l’ancienne, et qui fait de Juillet de Sang un récit parfois tiré par les cheveux, mais qui réussit à capter l’attention grâce à sa caractérisation si précise.
Lansdale est moins à l’aise dans le registre de l’émotion sur ce bouquin, mais il met en place une intrigue plutôt bien ficelée qui met le lecteur face à quelques rebondissements étonnants. Pas toujours très crédibles, mais étonnants. Et puis, un mec qui écrit une nouvelle assez tordue pour donner naissance à un film aussi étrange et génial que Bubba Ho-Tep, on ne peut que l’apprécier, même dans ses œuvres plus légères!

jeudi 1 mai 2008

SEXY MOVIE (AARON SELTZER, JASON FRIEDBERG, 2006)


Après la série des Scary Movie qui parodiaient les films d’horreur, Aaron Seltzer et Jason Friedberg, qui ont opéré en tant que scénaristes sur Scary Movie et Scary Movie 4, s’attaquent avec Sexy Movie aux films romantiques. Ca s’annonce bien lourd et bien drôle, et dès le générique ça assume totalement cette tendance!
Julia Jones est une jeune femme de poids qui recherche le grand amour, et la danse de rue à la Hairspray qu’elle entame dans le générique est à mourir de rire! Elle se déhanche en étalant ses kilos en trop avec une volonté farouche de plaire, ce qui donne évidemment le résultat contraire… L’entrée en matière est bien savoureuse et annonce un film aux gags bien gras, ce qui n’est pas pour me déplaire!



Julia travaille dans un restaurant grec, et ses parents souhaitent qu‘elle se trouve un mari rapidement (comme dans Mariage à la grecque). La gentille Julia va trouver un expert en séduction dénommé Hitch qui mesure à peu près 1.20m… Et là, c’est la transformation: Hitch l’emmène dans un garage pour la tuner (tribute to X-Zibit!), et Julia en ressort fine et super belle! La première étape est réussie!
Sexy Movie enchaîne les gags avec rapidité, et on se retrouve devant un film plutôt sympa dans le genre du premier Scary Movie. Les parodies sont très scato, notamment dans une scène d’anthologie avec le chat qui chie sur les toilettes (Mon Beau-Père et moi), qui vaut vraiment le coup d’œil! En basant principalement leur trame sur la série des Beau-Père avec Ben Stiller (rien à voir avec celui de Joseph Ruben évidemment!), les deux réalisateurs dévoilent une galerie de personnages barrés, et la famille Bèsetafille est plutôt colorée!
Les stars s’en prennent évidemment plein la gueule, avec une scène excellente où un sosie de Michael Jackson tente d’attirer un petit enfant… C’est pas très subtil mais c’est plutôt drôle! Britney et Kevin, ainsi que J-Lo s’en prennent aussi au passage, et l’apparition de Frodon, Sam et Gandalf ajoute à l’aspect portnawak du film.



Les acteurs s’éclatent plutôt bien et leur bonne humeur communicative fait de ce Sexy Movie un film sympathique. Alyson Hannigan (la flûtiste d’American Pie…) dégage une bonne dose d’énergie, et en plus elle est vraiment belle, que demander de plus? Adam Campbell joue le prétendant Grant, avec sa coupe à la Owen Wilson dans Mon Beau-Père et moi justement… La bombe sexuelle Sophie Monk remplace allègrement Owen Wilson dans le rôle de l’ex-fiancée, et Julia aura du boulot pour éviter de perdre son Grant…
Un film sans prétention qui recycle agréablement les poncifs des films romantiques, et qui parvient au détour de 2-3 scènes à être vraiment tordant. A regarder un samedi soir avec beaucoup de pop-corn…