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lundi 16 juin 2008

DO YOU KNOW KURYAKIN?


Samedi 14 juin 2008


Soirée très Moog ce samedi à l’O.P.A. à Paris, où l’association Kuryakin organisait une nuit placée sous le signe de l’électro qui fait bouger tes jambes! 6 prestations au programme pour des heures de trip musical varié et solidement mené from dusk till dawn, habillé par des montages de films bien fun et hypnotiques où les morts-vivants se joignent aux pilotes futuristes pour marquer le tempo! !
Premier à se jeter dans l’arène, DJ Paris Exotic Store qui effectue un set electro moog bien dansant, et qui est bien déterminé à assouplir les jambes rouillées! Pas facile de faire le chauffeur de salle, mais l’expérience est là et la mission est menée à bien!
Il est suivi par Chazam et Xtra Systols, qui poussent la chansonnette sur des sonorités electro bien claquantes et vraiment entraînantes! Une performance atypique et groovy où le public ne s’est pas trompé, le côté absurde totalement assumé plaçant la performance bien haut! L’aisance scénique des trois gaillards a submergé la foule, et le set tonique s’est achevé non sans regrets…

Mais DJ Supakouglof était dans la salle, et il a remis les pendules à l’heure avec un mix résolument funky dont il a le secret, mariant l’electro au disco avec l’assurance et le moelleux caractérisant le dessert dont il s’est fait l’emblème, et sans raisins s’il vous plaît! Une démarche résolument old school avec des morceaux sortis de nulle part dénichés aux 4 coins du monde, Supakouglof est un globe-trotter qui maîtrise autant les titres méconnus de Boney M que le funk turc des années 70!


Tendance plus breakbeat avec l’arrivée de Krib qui a trituré ses machines démoniaques pour donner corps à un set aux sonorités bien métalliques, faisant affluer le sang dans les guiboles avec un BPM haletant qui t’empêche de t’asseoir!
Il passe le relais à Klatentwiz qui incendie la foule avec ses constructions/déconstructions sonores bien barrées, qu’il ne manque jamais de saupoudrer d’une pincée de Parkinson pour maintenir le public à la verticale. Un set étonnant pour un artiste imaginatif, qui parvient même à allier mixage et accordéon pour un résultat unique! Tout en se cachant derrière son petit air de Resident, il en a profité pour bien se lâcher le bougre!

Spermir + Frère Yvan achèvent d’emballer le tout en produisant un son techno résolument axée dance-floor qui déride totalement les jambes lourdes, et la soirée s’achève aux aurores, les guiboles flageolantes et le cœur vaillant. Pour les Parisiens qui ont des fourmis dans les jambes, un conseil: suivez l’évolution Kuryakin…

vendredi 13 juin 2008

MARATHON MAN (JOHN SCHLESINGER, 1976)



Etudiant en histoire et adepte de la course à pied, Babe (Dustin Hoffman) est mêlé à une sombre histoire d’espionnage lorsqu’il est agressé dans Central Park. Dès lors, son existence monotone va être totalement modifiée, et il va faire appel à son frère Doc (Roy Scheider) pour lui venir en aide.
Marathon Man s’inscrit avec aisance dans le film parano des années 70 (La Théorie des Dominos, Conversation secrète) et plonge le spectateur dans un récit obscur bien ficelé au centre duquel se trouve la figure du Dr Szell (Laurence Olivier), ancien criminel nazi revenu à New York pour une affaire secrète. William Goldman (l’auteur de Princess Bride!) adapte son propre livre de manière relativement fluide, imbriquant les différents éléments narratifs avec un soin empêchant le spectateur d’en deviner les tenants et aboutissants.


Schlesinger joue la carte de l’ambiance paranoïaque en y ajoutant une certaine forme de surréalisme, les flash-back éclair de Babe quant à son passé donnant un aspect irréel au drame qui se joue. Schlesinger s’amuse avec les perceptions de Babe et du spectateur, imprimant une couche légèrement onirique à ce récit pourtant bien terre-à-terre. Ce curieux mélange donne un ton très particulier à cette œuvre, qui flirte même à un moment avec l’aspect gothique de certains gialli. La scène à l’extérieur de l’opéra préfigure bien ce qui sera développé dans l’œuvre maîtresse de Dario Argento, Suspiria, qui sortira l’année suivante. La mise en scène de Schlesinger place toujours ses protagonistes dans des plans d’ensemble où ils apparaissent écrasés, soulignant l’aspect insignifiant de l’individu face aux forces qui l’entoure. Les lieux traversés possèdent une forte symbolique, et la fin dans le réservoir d’eau est une certaine forme de renaissance.
Marathon Man traite du délicat sujet des criminels nazis encore en liberté, et des secrets qu’ils traînent encore avec eux. Laurence Olivier joue le Dr Szell avec toute sa froideur, et la scène culte où il torture Babe montre bien toute la cruauté de ce personnage qui apparaissait pourtant comme un vieux bonhomme inoffensif. A plus grande échelle, le réalisateur joue sur les faux-semblants dans tout son film. Les nerfs de Babe sont mis à rude épreuve quant il se met à douter de tous, et il n’a peut-être pas tort… Il commence même à se méfier de son entourage proche, ce qui va le pousser à prendre des décisions radicales…




Schlesinger réalise un film prenant, qui donne bien envie de se replonger dans cette époque tendue ayant suivie le Watergate et en pleine guerre froide. L’aspect politique du film est indéniable, et sa portée est d’autant plus forte qu’elle traite un sujet tabou. Porté par un Dustin Hoffman très Actor’s Studio, Marathon Man est une œuvre solide, traitant avec réalisme la machination implacable dans laquelle se débat Babe.

mercredi 11 juin 2008

MAGNETO: NOUVEAU DEPART (PETER MILLIGAN, JORGE GONZALEZ, 1996)



Ce Marvel Méga 5 présente un Magnéto totalement différent, puisque après avoir été touché par la rafale psychique du Professeur Xavier, il devint totalement amnésique. C’est un homme bien plus jeune qui a refait surface, et son nom est Joseph. Après avoir été recueilli par les X-Men, il tente de retrouver son passé. Mais devant le refus de ses hôtes de lui révéler son identité précédente, il va se lancer dans une quête personnelle qui risque bien de le faire replonger…
Nouveau Départ est un récit qui possédait des bases intéressantes, mais que les scénaristes Peter Milligan et Jorge Gonzalez ont détruit sans aucune pitié. On savait que Magnéto exerçait une influence hors du commun sur ses troupes, faite de respect craintif et de pouvoir surpuissant. Mais la déification qui en est faite est tout simplement ridicule, et les nombreuses allusions religieuses sont autant de parallèles bien lourds avec le règne de Magnéto. Déjà, le fait de nommer sa nouvelle personnalité Joseph va dans ce sens, et le terme de foi qui revient sans cesse pour galvaniser les Acolytes semble provenir d’un autre âge…


Le côté chevaleresque induit par les scénaristes n’arrange pas non plus les choses, et la bataille pour le trône est un concept très anachronique qui, appliqué au monde mutant, le dessert totalement. C’est ainsi que Joseph/ Magnéto va devoir se dresser contre Exodus qui prépare l’avènement de la race mutante. Il fait cela au nom de son maître Magnéto, tout en mettant la race humaine en danger de mort. Joseph ne peut tolérer cela, et sa propre culpabilité va l’obliger à tenter de contrer Exodus.
Le thème de la culpabilité concernant Magnéto aurait pu être lui aussi intense, mais la répétition des jérémiades de Joseph lui enlève tout son sens, et il faut dire que les dessins de Kelley Jones ne rattrapent rien. Nouveau Départ est un ratage total, qui suit basiquement des principes psychologiques sans les approfondir, et qui n’apporte strictement rien à l’histoire du maître du magnétisme. L’amnésie de Magnéto était pourtant un concept fort et permettait de remodeler le personnage, de travailler sur une approche plus humaine celui qui était jusqu’à présent un mutant sanguinaire et sans pitié.


Le côté secte est résolument imbuvable, et cette histoire ne tient la route à aucun moment. L’un des pires passages est celui où Magnéto va dans la famille d’un soldat mort au combat en l’affrontant pour leur annoncer la nouvelle, tout en essayant d’apaiser les rancoeurs face aux mutants. C’est limite débile, et ça ne fonctionne à aucun moment.
Bref, les fans du leader mutant risquent de faire la gueule en lisant ce récit, et même les couvertures ne limitent pas la casse! Le redoutable Magnéto s’est fait bien massacrer sur ce coup-là, et j’espère pour lui que c’est la dernière fois!

lundi 9 juin 2008

DREAMERS 1: REBIRTH (METAPAT, MICK, JULL, 2007)


Sortie en novembre 2007, cette BD signée Metapat, Mick et Jull (respectivement au scénario, à la couleur et au dessin) est une tentative de SF à la française plutôt efficace. Si l’on est habitué à voir des œuvres américaines traiter les sociétés futuristes avec une assurance consommée (Minority Report au ciné, DMZ en comics…), la France entretient un rapport plus délicat avec la SF. La discrétion d’un Eden Log en salles montre bien le caractère plus confidentiel qui caractérise le genre.
Ce Dreamers semble issu de la même mouvance ayant donné naissance à des œuvres comme Renaissance (Rebirth?) de Christian Volckman, et les trois artistes évoluent sur cette vague sans opportunisme, mais en créant un monde réaliste et concret. Si l’on sent évidemment une inspiration typiquement américaine derrière le scénario, Metapat y substitue progressivement une atmosphère plus personnelle avec l’évolution de l’enquête policière qui est le nœud de l’intrigue.
Alain Smillie est un flic chargé d’élucider une série de meurtres étranges qui pourraient bien avoir un lien avec le vol d’un tableau célèbre. La SF revêt des habits de polar pour un mystère qui semble dépasser les capacités des policiers, et qui n’intéresse pas que ces derniers… L’écriture est maîtrisée, et même si les dialogues sont parfois un peu light, le récit progresse efficacement en ne déchirant pas d’un coup sec le voile du mystère. Le rythme imposé par Metapat permet de poser des bases rapides et de faire grandir l’intérêt du lecteur pour cette enquête.



Les couvertures annoncent un univers très coloré, et la première planche ne dément pas. La qualité du travail de Mick fait des merveilles, et donne un relief très dynamique aux dessins de Jull. Ce dernier crée un univers foisonnant où les innovations technologiques du scénario prennent vie avec une grande subtilité. Un exemple avec les torches des inspecteurs, aussi efficaces qu’inventives!
Ma surprise est venue lorsqu’un des protagonistes parle du « port de Colmar », et surtout lorsque j’ai appris le nom du tableau dérobé, qui est le Retable d’Issenheim. Je suis alors revenu en arrière pour contempler l’architecture de la ville, et un élément indéniable m’a assuré que cette histoire se déroulait bien en Alsace, et plus précisément dans la région de Mulhouse! Evidemment le récit a pris une dimension parallèle ensuite, puisqu’il se déroulait dans des lieux connus et qu’il contient des private jokes assez fines (la A38!). Mais Dreamers ne se contente pas de capitaliser sur les lecteurs régionaux, et inscrit son récit dans un environnement assez stable et abouti pour offrir une œuvre de SF française plutôt réussie. Et tout le mal que l’on puisse souhaiter à ses auteurs, c’est de poursuivre dans cette brèche et de nous offrir un second tome qui éclaircira le mystère, ou qui le prolongera davantage…