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vendredi 14 mars 2008

TENACIOUS D IN THE PICK OF DESTINY (LIAM LYNCH, 2006)


L’aventure cinématographique du groupe de rock Tenacious D n’est que la continuité logique d’une carrière déjà remplie. Il faut savoir que ce groupe composé de Jack Black et Kyle Gass existait bien avant le film, et est un véritable duo qui balance un rock bien senti dans un esprit loufoque totalement assumé. Après leur émission sur HBO et des premières parties pour Beck ou Pearl Jam, les deux compères ont donc décidé d’adapter sur grand écran là genèse formidable et ô combien épique du « meilleur groupe du monde »…
Après une minuscule apparition dans la comédie totalement inconnu Bio-Dome, Tenacious D in the Pick of Destiny va être la consécration. Réalisé par le musicos et clippeur Liam Lynch, ce film va perpétuer la notion d’absurdité chère au duo. L’excellent Jack Black est connu pour ses rôles à la fois délirants et attachants, et il ne déroge pas à la règle avec son personnage de JB aussi naïf que déterminé à devenir une star internationale du rock. Son partenaire KG interprété par Kyle Gass est une sorte de loser pathétique qui n’en deviendra pas moins attachant lui aussi.
En fait, on est embarqué dans une sorte de trip à la Wayne’s World fait d’hommages complètements sincères au genre musical, et doté d’un humour potache du meilleur goût. Les deux lascars vont poursuivre la quête du Pick of Destiny, le Médiator du Destin. L’histoire de cet objet mythique est bien délirante, et est racontée par un Ben Stiller hilarant et totalement allumé! Je lui laisserai donc le soin de vous la raconter, ça vaut largement le détour…



Tenacious D in the Pick of Destiny est l’exemple parfait du film de potes réussis, où les apparitions d’acteurs connus (Tim Robbins dans un rôle assez surprenant!) s’enchaînent efficacement et contribuent au bon fonctionnement de l’histoire. Sous ses apparences bordéliques et rock’n’roll, ce film est en fait très construit et permet de développer des thématiques précises, tout en conservant son côté déjanté. Le chapitrage des séquences sert évidemment ce propos, et avec des titres comme l’apprentissage ou la brouille, intègre les notions d’amitié, d’honneur ou encore de fraternité qui vont jalonner le film. Un humanisme touchant, évidemment secondé par un humour bien bourrin qui évite de verser quelques larmes…
Tenacious D in the Pick of Destiny multiplie les séquences portnawak, dont une scène onirique où Jack Black sous champignons croise le sasquatch dans une forêt féerique. Cette scène hilarante vaudrait à elle toute seule le visionnage de ce film, et la prestation de John C. Reilly dans la peau de la bête est tout simplement géniale! Un de ces moments de pur bonheur débile comme on les aime tant!



Il faut également noter la formidable interprétation de Mason Knight, qui joue JB jeune. Du haut de ses 12 ans (il est né l’année de la formation du groupe d’ailleurs!), il dégage une putain d’énergie et son jeu outré colle parfaitement à ce personnage frustré de ne pas pouvoir laisser exprimer sa rage au sein d’une famille ultra-catholique. La ressemblance physique avec Jack Black est elle aussi hallucinante!
Sous couvert d’un bon gros trip musical sur fond de lutte contre le mal (voir le final fracassant!), Jack Black et Kyle Gass signent un film bourré d’énergie qui devrait ravir même ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la musique (la preuve, ça m’a plu!).


jeudi 13 mars 2008

GHOST RIDER (HOWARD MACKIE, JAVIER SALTARES, 1990)


Oubliez la purge avec Nicolas Cage, Ghost Rider vaut bien mieux que ça! Dans cette série démarrée en 1990 et qui voit la seconde incarnation du Rider bruler le bitume, Howard Mackie et Javier Saltares (respectivement à l’écriture et au dessin) dépoussièrent le mythe en l’ancrant dans une veine plus réaliste et sombre que la première série. Après Johnny Blaze (le personnage du cascadeur si naze dans le film), c’est le jeune Danny Ketch qui s’y colle et qui endosse l’apparence du démon vengeur.
Johnny Blaze a hébergé l’esprit de Zarathos pendant 10 ans, de 1973 à 1983. Ce n’est que 7 ans après que Danny Ketch le fera à nouveau sortir du néant. Cette seconde série (si l’on excepte la version très westernienne intitulée Phantom Rider ou Ghost Rider, et qui voyait un vengeur masqué tout de blanc vêtu parcourir les vastes plaines sur son cheval) propose une vision macabre et enténébrée qui n’est pas sans évoquer les EC Comics d’antan. Le personnage avec sa tête de mort est impressionnant, et ouvre la voie à des récits centrés sur des exécutions et des massacres, le tout en plongeant le lecteur dans une ambiance tendance policière mâtinée d’un soupçon de surnaturel. Howard Mackie évoque tour à tour la misère sociale, les psychopathes qui oeuvrent dans les rues glauques de NY, les trafiquants de drogue… On est finalement assez proche dans les thématiques d’un Punisher, et ce n’est pas un hasard si celui-ci fait momentanément équipe avec Ghost Rider.
Le dessin de Saltares joue évidemment sur les ombres afin de renforcer l’aura maléfique qui sous-tend la série, due notamment aux personnages irrécupérables de Blackout ou l‘Epouvantail, aussi fêlés que sanguinaires. Ghost Rider les affronte dans des combats relativement bourrins, et l’imagerie gothique et résolument désespérée est la marque de fabrique de la série. Son lot de morts, et même des proches de Danny, va le vouer à poursuivre le but de Ghost Rider et d’éradiquer le mal qui gangrène la cité.



Même s’il est empreint d’une certaine naïveté et d’une vision unilatérale (il ne parle que de venger le sang innocent), l’intérêt de ce Ghost Rider nouvelle version est dans l’interaction entre le démon Zarathos et le jeune Danny, qui subit les transformations plus qu’il ne les provoque. C’est afin d’échapper à une bande de tueurs qu’il se transforme après avoir été guidé vers une vieille moto enfouie dans une décharge. Et ses futures transformations se feront lorsque le démon en ressentira le besoin. Danny se pose en fait comme un réceptacle pour Zarathos, qui use de son corps afin d’investir le monde des vivants. Un cas typique de possession donc, mais Danny semble avoir une influence sur le comportement du démon, qui était quand même à l’origine aussi redoutable et cruel que Méphisto…
Ambiance veste cloutée et bécane de feu donc pour ce comics aux influences rock’n’roll évidentes, et qui met en avant une figure typique du Mal chargée de faire le Bien. Un paradoxe intéressant que va devoir assumer Danny Ketch, tiraillé entre sa vie personnelle et son devoir (un peu comme Spidey et tous les autres finalement…). Ce Ghost Rider sans Johnny Blaze (pour l’instant…) se veut une relecture plus radicale de la série de 1972. Et les secrets du Ghost ne sont pas encore tous révélés…


mardi 11 mars 2008

CAGE (LANG ELLIOTT, 1989)


Cage fait partie de ces films aperçu dans les pages d’un magazine ou entrevu sur le rayonnage d’un vidéoclub poussiéreux, mais que je n’ai jamais réussi à voir. Au fil du temps, ces films acquièrent une aura particulière faite de fantasmes cinéphiliques et d’espoirs conservés. C’était l’ère de la VHS à rembobiner, et ce qui était ringard à l’époque est bien en passe de devenir collector… Et après toutes ces années, j’ai enfin atteint mon but.
L’attrait majeur du film résidait évidemment dans les combats à morts situés sur un ring scellé par une immense cage d’acier. Le choc de la mise à mort, les références avouées à la WWF, tout concourrait pour faire de Cage un prétendant au titre de film d’action ultime (j’avais 10 ans à l’époque des faits, je précise). Le second élément incontournable du film était la présence de Lou « Hulk » Ferrigno, aussi balaise qu’une montagne à côté de moi tout chétif. L’impressionnant colosse me fascinait déjà dans la série dédiée au géant vert, et l’imaginer être encore plus violent était à peine concevable. Le temps a filé, les VHS se sont faites plus rares, et Cage avait presque été oublié. Jusqu’à ce que je tombe dessus chez Reb Brown (pas le vrai, celui de Gérardmer). Après une année passée à repousser le visionnage de ce Graal pour cause de Clash of the Ninjas, Forest Warrior et autre Robowar, le moment est enfin venu d’assister à ce spectacle. Lou Ferrigno rencontre Reb Brown (le seul, l’unique).


Cage date de 1989, et possède encore l’esprit too much des actioner d’antan. Schwarzie et Sly sont encore dans le coup, et l’absence de scénario travaillé ne pose pas encore trop de problèmes. Ferrigno et Brown incarnent deux vétérans du Vietnam qui tiennent un restaurant tranquille et se remettent de leur expérience. Difficilement pour Ferrigno qui en est ressorti amoindri psychologiquement après s’être fait tirer dessus. Respectivement nommés Billy Thomas et Scott Monroe, les deux gaillards vont se retrouver mêlés à des affaires louches sur fond de combats clandestins, avec les communautés italienne, asiatique et latino sur le dos. Un bordel monstre qui va obliger Billy à remonter sur le ring.


Après les présentations des personnages dans une veine très gay friendly du plus bel effet comique (les tapes dans le dos, les sourires super-amicaux et les dialogues naïfs sont très drôles), le film peine à trouver son rythme de croisière. Pourtant, quelques séquences bienvenues égayent le métrage, notamment une descente musclée dans le repaire des Latinos par un Reb Brown en mode vigilante, fusil à pompe et air de Dolph Lundgren à l’appui. Mais l’attente principale (LA CAGE!) est souvent repoussée, et les 2-3 combats auxquels on peut enfin assister ne suffisent pas à apaiser mon désir de geek. Les combats sont plutôt de bonne facture, bien bourrins et violents, mais il n’y en a tout simplement pas assez pour un film dont le principe repose dessus. Et c’est bien dommage, car si on enlevait les quelques longueurs dialoguées et qu’on accentuait les scènes de baston, on pourrait être devant un B bien gaulé à voir avec des chips ou une pizza. En l’état, la déception est quand même présente, même si de bonnes surprises arrivent.
C’est le cas avec le personnage de Tiger Joe, joué par l’inusable et incontournable Al Leong , celui-là même qui jouait le bad guy dans TOUTES les séries 80’s (Pour l’Amour du Risque, K2000, Magnum, l’Homme qui tombe à pic, l’Agence tous Risques et j’en passe), et qui électrocutait Martin Riggs dans L’Arme fatale. Et oui, vous le connaissez tous ce moustachu au yeux bridés et aux cheveux long! Ou encore Danny Trejo dans un de ces premiers rôles, et qui pour la peine n’est même pas crédité au générique! Lui aussi vous le connaissez, ce latino buriné à la moustache et aux cheveux longs révélé dans le Desperado de Rodriguez dans LE rôle de sa carrière, Machete (qui devrait trouver la consécration dans l’oeuvre éponyme que lui vouera Rodriguez cette année si tout va bien)!
Quelques émotions quand même donc, malgré la déception de l’ensemble. Mais bon, pour trouver des pépites il faut parfois passer par des oeuvres non dégrossies…

dimanche 9 mars 2008

LES SIMPSON LE FILM (DAVID SILVERMAN, 2007)


18 années se sont écoulées depuis la première apparition des Simpson sur la chaîne américaine Fox, en décembre 1989. Cette série connaîtra rapidement un énorme succès, et le créateur Matt Groening et son équipe de scénaristes vont donner toutes ses lettres de noblesse à la famille la plus allumée d’Amérique. Et pour ce long métrage réalisé par David Silverman (qui a travaillé pendant 10 ans sur la série), Groening a employé la quasi-totalité de son cheptel puisque pas moins de 11 scénaristes ont œuvrés afin de créer ce film. C’est pas loin d’être un record on dirait…



Les Simpson le film s’intègre parfaitement dans l’univers connu des habitants de Springfield, et plonge le spectateur dans une intrigue absurde au possible, et comme à chaque fois, révélatrice de vérités bien profondes sur la nature humaine. Mais en prenant comme exemple la famille Simpson, le pathos est balancé bien loin et laisse le champ libre à l’humour. Avec 11 scénaristes sur le coup, on est en droit de s’attendre à un festival de gags et à des dizaines de fous rires. Pourtant, sous ses airs enjoués, ce long métrage laisse un léger goût d’inachevé, comme si le passage sur grand écran avait quelque peu effrayé les instigateurs du projet. Ce film est sympathique et réussi, mais il manque un petit quelque chose pour lui assurer une atmosphère semblable à celle qui existe dans les épisodes télé. L’aventure cinéma se devait d’être grandiose, et l’on se retrouve devant un épisode d’1h 23 qui nous permet de retrouver une grande partie des habitants de Springfield. Alors le plaisir est toujours là, mais il manque un grain de folie supplémentaire afin de faire décoller vraiment le morceau et de passer à la vitesse supérieure.


Les Simpson le film apparaît comme une extension classique de la série, mais qui a perdu un peu de la saveur originelle. En soi, le film reste un honnête divertissement où l’on ne s’ennuie pas, mais la différence avec la série est flagrante. Il s’agit surtout d’une question de rythme, puisque le format de 22 minutes colle beaucoup plus à ces aventures déjantées en offrant une dynamique plus puissante. Au vu de la qualité exceptionnelle de la série, on était en droit de s’attendre à un spectacle un peu plus fou.
Mais ce film reste amusant, et est parsemé de séquences bien drôles, notamment la traversée de Bart à poil sur son skate, qui est menée avec beaucoup d’intelligence par les scénaristes et les dessinateurs, et qui fait bien référence à un certain Austin Powers… Les Simpson le film offre des idées intéressantes qui remettent les fondements de la série en question, et la plus importante est la relation paternelle qui s’instaure entre Ned Flanders et Bart Simpson. A la fois émouvante et drôle, cette entente est un événement incroyable, et est très riche scénaristiquement parlant. L’idée de départ d’enfermer la ville de Springfield sous un dôme (qui a dit Highlander 2?) afin de contenir la pollution augmentée par l’inimitable Homer Simpson est bien trouvée, et l’opposition entre la famille et tous les habitants de la ville est plutôt réussie.
Sans être l’épisode super délirant et génial que l’on pouvait attendre, Les Simpson le film s’avère intelligent et drôle, en questionnant toujours de façon détournée la conscience d’une Amérique se repliant sur elle-même, et notamment en ce qui concerne la pollution, sujet majeur de ce film. Avec Green Day comme premières victimes de la pollution du lac, le message est fort… Homer, Bart, Marge, Lisa, Maggie et les autres ont encore de beaux jours devant eux…